Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Dossier de la semaine

St-Charles-Borromée

Émission du 10 mars 2006

Au Québec, 36 000 personnes vivent en Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), dont 200 au Centre d'hébergement St-Charles-Borromée. La moyenne d'âge est de 82 ans dans les CHSLD et de 54 ans à St-Charles-Borromée. Saint-Charles-Borromée héberge une clientèle jeune et diversifiée parce qu'ici se retrouvent des victimes de maladies congénitales, de maladies dégénératives (sclérose en plaques), d'accidents de travail, de la route, ou du sport. Il s'agit donc d'une clientèle médicalement lourde (99 % sont en fauteuil roulant), où le facteur «accident de travail et de la route» est beaucoup plus important que le facteur «vieillissement». Des jeunes de 20 à 30 ans côtoient des personnes de 70 à 80 ans. La vie en CHSLD, comme à St-Charles-Borromée, c'est une vie en communauté, mais avec des gens malades, souvent frustrés et endeuillés : de leur travail, parfois de leurs amis ou de leurs proches, de leur indépendance, de leur intimité. Des accrochages, des problèmes de communication et de relations humaines peuvent donc surgir, car la clientèle est peu changeante et malade. La proximité, la cohabitation de personnes qui n'ont pas les mêmes valeurs ni les mêmes affinités pose des défis supplémentaires. Et comme la durée de séjour se calcule en années et non en jours, les tensions sont plus aiguës que dans les hôpitaux. Dans les prochaines années, les autres CHSLD seront aussi appelés à renouveler leur mode de fonctionnement avec l'arrivée massive de baby-boomers. Même si plusieurs vieilliront en santé et pourront être autonomes dans un appartement (avec l'aide ou pas d'une infirmière d'un CLSC), une certain pourcentage sera quand même en perte d'autonomie et devra se tourner vers une vie en institution. Que ce soit l'hébergement en CHSLD ou en «résidence alternative», les baby boomers redéfiniront le mode de vie en communauté. Nettement plus scolarisés que la génération précédente, ils entretiendront des liens plus forts avec l'extérieur, que ce soit l'université, les anciens collègues ou les amis. Les rapports entre le bénéficiaire, les employés et la direction seront plus complexes. Il faudra réinventer la vie en institution. Étant donné que sa clientèle est assez jeune, St-Charles-Borromée a été amené avant les autres à se considérer comme une micro-société dont il fallait réinventer les modes de communication et d'activités. Ici, plusieurs des résidents, parce qu'ils sont jeunes et qu'il leur reste plusieurs années à vivre, se sont donnés des projets de vie : certains retournent aux études, d'autres apprennent l'informatique ou se réalisent dans un travail.
Plus de services pour des gens plus instruits et exigeants
St-Charles-Borromée a aussi été le théâtre d'initiatives originales qui visent à réinventer les modes de communication et d'activités qui dépassent la physiothérapie, l'ergothérapie, la thérapie individuelle ou la pastorale. Le service des loisirs est l'un des premiers organismes que Saint-Charles Borromée a mis en place pour procurer à ses résidents des activités récréatives plus élaborées que la télévision et le jeu de cartes. Avec cinq récréologues et un chef de service, et avec beaucoup d'imagination, cette petite équipe organise un nombre incroyable d'activités qui répondent aux besoins d'environ 80 % de la clientèle. Le centre d'apprentissage par projets est le nom de l'école alternative de Saint-Charles Borromée. Ce projet récent est mené en collaboration avec le Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP). Des cours individualisés selon les intérêts, les handicaps et la disponibilité des résidents sont donnés par l'animatrice du projet. Tous les sujets sont abordés, quoique l'intérêt dominant soit l'informatique et la maîtrise de logiciels comme Windows, Word, Internet Explorer, etc. Dans le but de rapprocher les résidents et de briser l'isolement et la solitude, un atelier de communication a été créé. Au fil des années, les participants ont modifié progressivement ce groupe de discussion en forum de réflexion sur eux-mêmes et leur vie en institution. L'atelier de communication a été le berceau de la naissance d'une charte des droits et responsabilités approuvée ultérieurement par tous les résidents. Cette charte a d'ailleurs été écrite avec la collaboration de la Ligue des droits et libertés qui s'est assurée de sa conformité avec les principes de la charte générale. Comme autre réalisation, il y a le journal des résidents publié mensuellement.