Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Le virus du papillome humain (VPH)

Émission du 27 septembre 2007

«On entend beaucoup parler du virus du papillome humain (VPH). Est-ce qu’il est vraiment dangereux et est-ce que les jeunes filles devraient nécessairement se faire vacciner?»

Spécialiste consultée : Dre Diane Provencher, chef du service de gynécologie-oncologie de l’hôpital Notre-Dame de Montréal, membre du Regroupement québécois des gynécologues-oncologues.
Le virus du papillome humain (VPH) est l’une des infections transmises sexuellement (ITS) les plus courantes au Canada et dans le monde. Il existerait entre 100 et 120 types de ce virus, dont quatre seraient particulièrement virulents. Les souches VPH 16 et 18 seraient responsables de 70 % de tous les cas de cancer du col de l’utérus au pays. Deux autres souches sont à l’origine de 90 % des verrues anogénitales.

En 2007, 300 femmes seront affectées par un cancer du col au Québec, et 90 en mourront. En outre, les quatre souches du VPH les plus infectieuses causent 36 000 nouveaux cas de verrues génitales chez les femmes chaque année au Canada.

Qui sont les personnes  à risque?
Les femmes âgées entre 14 et 59 ans sont les personnes les plus à risque. Le VPH se transmet au cours des relations vaginales, orales, anales ou lors de contacts intimes avec la peau d’une personne infectée. Il attaque surtout la zone anogénitale ou d’autres régions de la peau, comme les pieds et les mains.

Dans la plupart des cas, les personnes infectées l’ignorent, les symptômes pouvant apparaître longtemps après l’infection. C’est pourquoi les risques de contagion sont très élevés. Dans la majorité des cas, l’organisme se défait du virus par lui-même.

Est-il nécessaire de faire passer un test Pap à toutes les femmes?
On recommande à toutes les femmes de passer un test de dépistage du cancer du col de l’utérus, en débutant dans les trois années après le début des relations sexuelles ou à l’âge de 18 ans. Il est suggéré de répéter ce test tous les ans. Si les résultats sont normaux, on peut le passer aux deux ans ou trois ans.

Comment traite-t-on le VPH?

Dans les cas plus graves, notamment les femmes atteintes du cancer du col de l’utérus, plusieurs traitements réussissent à enrayer efficacement la maladie au stade précoce : notamment l’ablation de la partie infectée du col ou le laser pour guérir la zone infectée. Aux stades plus avancés, la chimiothérapie, l’hystérectomie ou la radiothérapie sont préconisées.

Le vaccin est-il efficace à 100 %?
Selon les études, il est très prometteur, d’où le grand enthousiasme qu’il suscite. Des inconnus persistent cependant. Le vaccin cible les 4 souches virulentes les plus communes, responsables des condylomes (verrues génitales non cancéreuses) et de 70 % des cancers du col de l’utérus. Une étude publiée dans The Lancet et réalisée auprès de 18 000 femmes pendant trois ans a démontré que le Gardasil fournit une protection à 100 pour cent contre les maladies vulvaires et vaginales causées par les quatre types du VPH contenu dans le vaccin à des femmes n’ayant pas déjà été infectées par l’une de ces quatre souches. Le vaccin n’offre aucune protection contre les autres souches. On peut donc dire qu’on va avoir une protection incomplète parce que d’autres souches restent présentes.

Faut-il faire une campagne de vaccination publique?
Autant l’Agence de santé publique du Canada, la Société américaine du cancer et le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) s’entendent pour recommander aux femmes de 9 à 26 ans de recevoir le vaccin Gardasil, le seul médicament homologué par Santé Canada en juillet 2006. La réponse immunitaire est meilleure en fonction de l’âge et surtout chez les filles qui n’ont pas encore eu leurs premières relations sexuelles; c’est pourquoi la population de 9 à 13 ans est visée. Idéalement, elle devrait s’étendre jusqu’à 26 ans. Pour les femmes plus âgées, il y a encore des raisons d’administrer le vaccin, mais l’efficacité serait moindre.

Le vaccin est sans effet secondaire. Toutefois, certains experts ont soulevé des doutes quant à la pertinence d’établir un programme de vaccination universel étant donné le nombre peu élevé de décès par cancer du col de l’utérus et aussi à cause du manque d’informations sur l’efficacité de ce vaccin. On craint aussi que la vaccination entraîne chez certaines jeunes filles un faux sentiment de sécurité qui les amène à ne pas faire les tests de dépistage recommandés comme le test PAP.

Le Québec devrait annoncer pour 2008 une campagne de vaccination pour les fillettes de 4e année.

Le Gardasil est-il le seul vaccin disponible en ce moment?
Oui, mais un autre vaccin, Cervarix, est sur le point d’être homologué et il présente des particularités différentes.

Ressources
Société canadienne du cancer, document «Le virus du papillome humain»

Agence de santé publique du Canada, document «Votre santé et vous»