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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Dossier de la semaine

Les maladies cardiaques chez les femmes

Émission du 4 octobre 2007

Contrairement aux idées reçues, les femmes courent davantage de risques de succomber à une maladie du cœur que les hommes. L’augmentation des risques chez les femmes serait attribuable, entre autres, au fait qu’elles vivent plus longtemps que les hommes et que la mortalité due aux maladies cardiaques augmente avec l’âge. Après la ménopause, l’équilibre entre le bon et le mauvais cholestérol chez les femmes est altéré, de sorte que le risque de maladie cardiaque augmente.

Selon des recherches publiées en janvier 2007 par la Fondation des maladies du cœur du Québec, les femmes sont aussi moins susceptibles d'être traitées par un cardiologue pour des traitements cardiaques.

Mais qu’entend-on par maladies cardiaques?
Par maladies cardiaques, on entend d’abord les troubles liés aux artères coronaires, c'est-à-dire, les vaisseaux qui amènent le sang oxygéné au coeur. L'angine de poitrine provient d’un rétrécissement d'une ou de plusieurs artères coronaires. Elle crée des douleurs à la poitrine qui durent en général quelques minutes, et qui se produisent la plupart du temps au cours d'un effort. L’infarctus du myocarde, appelé aussi «crise cardiaque», survient lorsqu'un caillot sanguin bloque complètement une artère coronaire. Ce manque de sang provoque la mort d’une partie du myocarde, le muscle qui assure la fonction contractile du cœur. Les dommages au cœur sont permanents et irréversibles. Cette crise, souvent très douloureuse, peut conduire au décès par arrêt du cœur.

Les maladies cardiaques incluent aussi les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Les AVC surviennent lorsqu’un caillot sanguin interrompt l’apport du sang au cerveau, ou par la rupture d'un vaisseau sanguin dans le cerveau. Les symptômes disparaissent en quelques minutes ou quelques heures, le temps que le caillot se résorbe ou se déplace.

L'AVC survient presque toujours brutalement et cause des lésions cérébrales. Parmi ceux qui survivent à l’attaque (environ 75 % des personnes), nombreux sont ceux qui en gardent des séquelles, comme une paralysie partielle ou complète d'une moitié du corps, des troubles du langage parlé et écrit ou des problèmes de mémoire.

Selon Georges Honos, cardiologue et porte-parole de la Fondation des maladies du cœur, ce sont les mêmes maladies cardiaques qui touchent les hommes et les femmes. La différence se situe au niveau des attitudes. Les femmes ignorent trop souvent les signes avant-coureurs d’une maladie cardiaque et tardent à se présenter à l’hôpital, ce qui augmente les risques de complications. En outre, les intervenants de première ligne n’ont pas toujours le réflexe d’associer certains symptômes de la maladie cardiaque aux femmes.

Voici les symptômes typiques associés aux maladies cardiaques.

Principaux symptômes liés aux maladies cardiaques

Maladies cardiaques 
Symptômes

Troubles coronariens

- Angine de poitrine

- Infarctus du myocarde


  • Une sensation de pression, de serrement ou de douleur dans la poitrine qui survient généralement à la suite d’un effort. Les émotions intenses, le froid et un repas copieux sont d’autres facteurs précipitants.
  • La douleur ou le malaise irradie parfois du côté gauche du corps, vers l’omoplate, le bras ou la mâchoire.
  • L’angine s’accompagne parfois d’une forte angoisse liée à la sensation de mort imminente.
  • Certaines personnes n’ont aucun des symptômes précédents, mais ressentent plutôt de l’essoufflement ainsi qu’une grande faiblesse, et transpirent davantage.
  • Ces symptômes disparaissent après trois à cinq minutes de repos dans le cas d’une angine. Ils durent plus longtemps et sont plus intenses dans le cas d’un infarctus. 

Accident vasculaire cérébral (AVC)


  • Des étourdissements, qui provoquent une perte soudaine d’équilibre.
  • Une sensation soudaine d’engourdissement ou une faiblesse d’une partie du corps (au visage, à un bras ou à une jambe).
  • Une difficulté d’élocution.
  • Une perte de la vue ou une vision double dans un seul oeil.
  • Un mal de tête subit, inhabituel et d’une intensité exceptionnelle.

Source : Fondation des maladies du cœur du Canada

Les femmes n'ont cependant pas tendance à ressentir la douleur constrictive à la poitrine qui est caractéristique de la crise cardiaque chez l’homme. Elles vont plutôt se sentir fatiguées et avoir la nausée.

L'angiogramme, outil utilisé pour diagnostiquer les problèmes cardiovasculaires, a aussi tendance à donner un résultat «normal» pour de nombreuses femmes qui souffrent d’un problème cardiaque.

Attitude des femmes
À 46 ans, Carole Riendeau a été victime d’une crise cardiaque alors qu’elle était en voyage au Costa Rica. Deux jours plus tôt, elle souffrait d’indigestion intense mais refusait d’aller voir un médecin parce que qu’elle ne croyait pas à l’attaque cardiaque. Depuis trois ans, elle présentait aussi des symptômes persistants comme des brûlements à la poitrine, un engourdissement des mains, des pertes de sensation à la jambe, de la fatigue, de l’indigestion.

Plusieurs médecins l’ont même examinée mais n’ont pas détecté de maladie du cœur. Ils ont plutôt conclu à la fatigue. «Je pense qu’il faut avoir une attaque pour qu’on diagnostique une maladie du cœur, raconte Carole Riendeau. Si un homme avait eu mes symptômes, ça n’aurait pas pris trois ans avant de s’intéresser à son cœur. On l’aurait fait tout de suite.»

Georges Honos renchérit : « Quand un homme de 40 à 50 ans se présente avec des douleurs à la poitrine, les médecins pensent tout de suite à un problème cardiaque. Quand c'est une femme, ils pensent à bien d'autres choses, ce qui retarde le diagnostic et le traitement. »

Les facteurs de risque
Le tabagisme, un taux anormal de lipides dans le sang, l’hypertension, le diabète, l’obésité abdominale, la sédentarité, le stress et une mauvaise alimentation sont les facteurs de risque les plus communs des troubles coronariens. En les contrôlant, on peut prévenir plus de 90 % des risques de crise cardiaque, aussi bien chez l’homme que chez la femme.

D’autres facteurs de risque pourraient cependant être exclusifs aux femmes :
les migraines (qui ferait doubler les risques d’AVC)
- la pré-éclampsie (hypertension artérielle associée à la grossesse) - Les femmes ayant souffert de pré-éclampsie auraient un risque 60 % plus élevé de subir un AVC après la grossesse.
- les contraceptifs oraux - Les risques associés sont minimes en soi, mais sont beaucoup plus élevés chez les fumeuses, les hypertendues, les migraineuses et celles qui souffrent de troubles de coagulation sanguine.

Traitement différent
Le cœur de l’homme et celui de la femme ont des physiologies comparables, mais celui des femmes est généralement beaucoup plus petit. La chirurgie, le pontage et la dilatation sont donc plus difficiles à effectuer.

Si la plupart des médicaments utilisés pour traiter l'insuffisance cardiaque sont efficaces aussi bien chez les femmes que chez les hommes, certains donnent de meilleurs résultats chez les femmes.

La Dre Louise Pilote est épidémiologiste et directrice du Projet GENESIS sur les différences fondées sur le sexe dans la maladie cardiovasculaire : «Il se peut que, dans l'avenir, le choix du médicament soit fonction du sexe du patient, dit-elle Et peut-être qu'un angiogramme ne sera plus l'examen le plus adapté pour diagnostiquer les maladies coronariennes chez la femme.»

Ressources
La Fondation des maladies du cœur

La maladie cardiovasculaire selon le sexe