Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Léonie Couture, fondatrice de la Rue des femmes

Émission du 4 octobre 2007

Léonie Couture contemple le jardin de la Maison d’Olga, refuge qu’elle a créé pour les femmes de la rue. Pour elle, la beauté agit comme un baume sur le cœur de ces femmes dont personne ne veut : itinérantes, prostituées, toxicomanes.

«Ce sont des femmes qui, pour la plupart, ont été brisées dès l’enfance, explique Léonie, elles ont été victimes d’abus de toutes sortes. Si les gens entendaient leurs histoires, ils n’auraient plus envie de les juger ni de les exclure.»

Léonie Couture travaille depuis plus de 25 ans pour la défense des femmes. Après avoir travaillé au Mouvement contre le viol et l’inceste, elle fonde en 1994 l’organisme La rue des femmes, qui vient en aide chaque année à 400 femmes toxicomanes, atteintes de troubles mentaux, prostituées ou mendiantes. Ici, à la Maison Olga, elles reçoivent des repas, de l’aide pratique et de la thérapie. Certaines femmes y résident pendant quelques mois, le temps de se remettre sur pied.

Léonie a d’abord étudié en administration publique. Mais ses emplois d’été impliquaient toujours une forme de relation d’aide. «Je m’apercevais que travailler avec les victimes d’abus venait vraiment me chercher, dit-elle, parce que, moi aussi, je savais ce que peut être un abus. Elle réalise aussi bien vite que les ressources manquent pour les aider.

«Je voyais bien qu’il n’y avait pas de services pour toute une clientèle qui en avait grand besoin, raconte Léonie. Les femmes doivent se sentir accueillies sans jugement, elles doivent être reconnues dans leur souffrance et respectées. C’est cette vision que j’ai voulu développer à La rue des femmes. Ici, la façon dont on les accueille peut faire une différence. C’est ce genre d’endroit que je voulais créer, et je crois que le travail qu’on fait est unique et essentiel.»

Léonie Couture parle de l’immense difficulté d’intervenir auprès de ces écorchées vives. Dans le milieu des services sociaux, des hôpitaux, on va souvent justifier l’exclusion de ces femmes en disant : Nous ne pouvons rien faire, elle est trop agressive. C’est pourquoi les femmes de la rue sont souvent victimes de discrimination. «Vous imaginez la blessure et la souffrance des grands brûlés? Moi, je dis que les femmes qui arrivent ici sont dans le même état sur le plan psychologique. Il faut procéder avec la même délicatesse. Car elles sont agressives si on s’approche d’elles trop brusquement.»

Aujourd’hui, la Rue des Femmes dispose d’un budget annuel d’un million et demi de dollars et emploie 40 personnes. C’est dire que madame Couture est aussi habile administratrice qu’intervenante!