Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Richard McNicoll : à l'écoute des malentendants

Émission du 11 octobre 2007

Richard McNicoll est sourd, mais ça ne l’empêche pas d’être à l’avant-scène. Depuis plus de vingt ans, il lutte pour que les émissions de télévision soient sous-titrées et accessibles aux malentendants. Grâce à lui, le CRTC exige désormais que les télédiffuseurs canadiens sous-titrent toutes leurs émissions.

Richard McNicoll a commencé à devenir sourd à l’âge de 9 ans, après des otites à répétition, une affection assez courante à l’époque et qui touche plusieurs membres de sa famille. Tout au long de sa vie, il s’implique bénévolement dans plusieurs organismes sans but lucratif, liés au monde de la surdité. Il travaille, entre autres, à la Commission des droits de la personne, pour les programmes d’accès à l’égalité, puis comme directeur du Regroupement québécois du sous-titrage. C’est lui qui a l’idée de créer un crédit d’impôt pour les producteurs et les distributeurs de films qui feraient sous-titrer leurs produits.

«J’ai commencé à lutter pour le sous-titrage parce que je voulais montrer que les personnes sourdes sont capables de s’intégrer.» Les malentendants ont le droit de demander un accompagnateur lorsqu’ils vont au cinéma. Mais Richard McNicoll n’approuve pas cette mesure et croit qu’un accompagnateur ne devrait être sollicité que dans des situations importantes. «Moi, je veux du sous-titrage, des mesures qui m’aideront à être autonome. Ce n’est pas la même chose que des privilèges. Je veux un monde sans privilège et sans discrimination pour les personnes handicapées.»

Lors de ses débuts dans le sous-titrage en 1992, l’ensemble des réseaux de télévision sous-titraient à peine 20 % des émissions. En outre, une trentaine de films seulement étaient sous-titrés. Les choses ont bien changé aujourd’hui, mais il reste encore beaucoup à faire. «J’ai 52 ans et je suis à la merci de tout le monde quand j’ai besoin d’aide. L’autre jour, j’ai dû demander à un ami d’appeler ma femme pour lui dire que je mangeais chez lui. J’ai un téléphone avec une technologie adaptée, mais je ne peux pas le transporter. Alors, je ne peux téléphoner que lorsque je suis dans mon bureau. Ce n’est pas très pratique!»

Quand un événement survient dans l’actualité, Richard McNicoll ne peut pas non plus l’apprendre à la radio et les nouvelles à la télé ne sont pas sous-titrées. Il doit attendre le lendemain matin pour l’apprendre dans les journaux. La technologie se développe tous les jours et apporte son lot de défis. Autant de nouveautés, autant de domaines dont les sourds sont exclus. Mais son prochain cheval de bataille, ce sont les émissions diffusées sur Internet.

«On dit que c’est la télévision de demain, que la demande est en croissance, mais il n’y a encore rien de sous-titré. Et les diffuseurs ne le feront pas s’il n’y a pas quelqu’un comme moi qui l’exige. Je suis déjà exclu de tellement de loisirs, le théâtre, les spectacles, je ne veux pas être exclu en plus du monde des télécommunications alors qu’il existe des technologies pour remédier à cela. Je me dis que nous y avons droit.»