Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Me Jean-Pierre Ménard, maître contre les erreurs médicales

Émission du 25 octobre 2007

Cet avocat traque depuis 27 ans les erreurs médicales et les situations de maltraitance dans le milieu de la santé. Grâce en partie au travail de Me Ménard, les hôpitaux sont désormais tenus de déclarer tous les incidents qui surviennent à l’intérieur de leurs murs. Le cabinet spécialisé en droit de la santé Ménard, Martin avocats - qu’il a fondé avec sa femme Denise Ménard - défend aujourd’hui près de la moitié des causes médicales de la province. Une quinzaine d’avocats y pratiquent.

Cette machine organisée est à des années-lumière du premier cabinet «dans un sous-sol du boulevard St-Joseph, avec une table de mélamine, deux chevalets et un téléphone à roulettes». Lorsque Me Ménard plaide sa première cause - un cas de responsabilité médicale d’ailleurs - tout est à bâtir, jusqu’à la pratique même du droit dans le domaine de la santé. «C’est un créneau où les milieux juridiques avaient peu répondu à la demande», précise celui qui enseigne aujourd’hui au niveau de la maîtrise en droit de la santé à l’Université de Sherbrooke.

Le jeune avocat réalise alors qu’il doit peser de tout son poids pour établir un certain équilibre entre les patients et les hôpitaux. C’est encore le cas aujourd’hui. «On affronte des establishments, des médecins, des hôpitaux. Ce sont des gens qui ont des grands moyens, qui sont bien défendus et qui sont bien organisés. C’est un triple défi de réussir à les vaincre.»

En installant son cabinet rue Hochelaga, ce natif de l’est de Montréal et fils de camionneur marque ses origines ouvrières. Mais surtout, il se rapproche des plus vulnérables de la société. «Moi, je me suis imposé comme règle que la personne la plus démunie du Québec pourra toujours m’avoir comme avocat, si elle a une bonne histoire.» Tant pis pour l’argent. «L’argent, j’en ai assez fait dans ma vie pour savoir que ça ne fait pas le bonheur», confie-t-il. «Être engagé c’est bien plus payant que gagner beaucoup d’argent. Ça donne un sens à ce qu’on fait.»

Dans le cadre de sa pratique, l’homme de 54 ans s’engage pour la cause qu’il a choisie : éviter que les histoires d’horreur des uns se répètent pour d’autres. D’où ses nombreux appels très médiatisés au ministre de la Santé pour exiger des changements dans le système. «À la suite de notre défense des personnes maltraitées à St-Charles-Borromée, on avait noté un accroissement très significatif de l’implication des familles auprès des personnes âgées dans les établissements de soins de longue durée», raconte-t-il. «Les gens avaient recommencé à poser des questions quant au respect des personnes. Et on a vu monter un petit peu partout la barre des soins. Je ne vous cacherais pas que c’est le plus satisfaisant dans ce qu’on fait.»