Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

La formidable famille de Luc Meloche

Émission du 15 novembre 2007

Chez Luc Meloche, les «enfants» reviennent à la maison à 15 h. Une fois les boîtes à lunch posées, c’est le tourbillon quotidien : le chat à caresser, les casse-têtes à faire, les bongos à sortir, le souper à préparer, les petites tâches, les taquineries, la télé, le bain, les bisous, le dodo.

Les «enfants», ce sont David, Guylaine, Pierrette et Luc, des adultes atteints de déficience intellectuelle. Luc Meloche les a accueillis dans sa maison en juin 2001 et depuis, ils forment une famille bien particulière.

Une famille plus qu’un travail
C’est grâce à des amis, déjà eux-mêmes famille d’accueil, que Luc ressent le besoin de s’occuper des plus vulnérables. Habitué à la différence grâce à sa soeur handicapée, il a de plus grandi dans une maison où on a toujours pris soin d’un oncle handicapé.

En décidant d’accueillir des pensionnaires, ce comédien, dont la sécurité financière est assurée, trouve autre chose qu’un travail rémunéré. C’est le projet d’une vie. «Je me suis créé ma petite famille. Une famille, c’est à vie. Et je suis plus privilégié que tous les autres parents, mes enfants vont toujours rester avec moi.»

Un choix à la portée insoupçonnée
Les six premiers mois, ce dernier ne fait que surnager. «On doit porter plusieurs chapeaux. On devient papa, maman, chef cuisinier, psychologue, infirmier.» Il jongle avec la paperasse des services sociaux, le transport, ainsi que les rendez-vous chez le médecin, le dentiste, les intervenants et les éducateurs.

Avec le temps et une aide ponctuelle, Luc retrouve l’équilibre. Pendant que le quatuor travaille aux ateliers dirigés de 8 h à 15 h, il s’adonne au vitrail, termine sa deuxième pièce de théâtre, enregistre des chansons, collige son «aventure extraordinaire». «C’est important d’avoir des passions pour les communiquer aux enfants et qu’ils voient leurs parents heureux.»

Apprendre le langage du coeur

Après six ans, le cocon s’est créé autour des quatre protégés de Luc. Ils ont enfin trouvé une stabilité et se sont apprivoisés entre eux : «À eux quatre, ils ont vraiment développé la même relation que celle qui existe normalement entre frères et des soeurs.»

Luc, muet à son arrivée, répète aujourd’hui quelques mots. Pierrette, anorexique, refusait les contacts. «Aujourd’hui, elle me demande à quelle heure on mange, à quelle heure elle prendra son bain.» Luc Meloche a le sentiment de faire la différence.

Selon lui, le malaise qu’on ressent parfois au contact de personnes handicapées intellectuellement relève davantage de l’ignorance. «Il ne faut pas voir l’extérieur. Ils ont un coeur, des émotions et c’est ça qu’il faut voir.» Luc considère sa vie enrichie par ceux qu’il appelle sa joie de vivre. «J’apprends tellement d’eux! Ils ont conservé ce que nous on perd, par exemple l’enthousiasme. Je me suis senti parfois beaucoup plus handicapé qu’eux…»

Ressources
Centre de réadaptation Lisette-Dupras, d’où viennent les quatre enfants de Luc Meloche.

Pour devenir famille d’accueil ou résidence d’accueil ou «ressource résidentielle» pour des gens atteints de déficience intellectuelle

Fédération québécoise des centres de réadaptation en déficience intellectuelle :
www.fqcrdi.qc.ca