Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Vittorio Fiorucci, la renaissance

Émission du 29 novembre 2007

Le fameux bonhomme vert du Festival Juste pour Rire, c’est lui. Pour tout avouer, cette unique signature de son oeuvre ainsi figée dans le temps hérisse Vittorio Fiorucci. Car celui-ci a toujours exploré divers projets: des caricatures, des bandes dessinées, des illustrations, des photos, des sculptures, des travaux de design graphique, l’édition de magazines, des livres pour enfants et… plus de 300 affiches. Fraîchement arrivé à Montréal en 1951 à l’âge de 19 ans, ne connaissant ni le français ni l’anglais, cet Italien avait trouvé dans l’art pictural un moyen d’exprimer son humour. Son œuvre est appréciée mondialement et lui a valu de nombreux prix internationaux. À juste titre, l’Encyclopédie Universalis le reconnaît comme l’un des meilleurs affichistes au monde.

Un bon matin de janvier 2004, Vittorio Fiorucci se réveille brutalement: il n’a plus de vision périphérique. C’est le signe annonciateur du premier accident vasculaire cérébral (AVC) qui le frappe. Il s’en remet à peine qu’une seconde attaque le laisse à l’état végétatif.  Les médecins lui rendent un pronostic d’aphasie. Malgré tout, Vittorio réapprendra à manier le verbe et le crayon.  Qu’est-ce qui a convaincu Fiorucci à recommencer à zéro? « Je ne sais pas trop… peut-être mon sens de la bagarre”, avance-t-il. “Je m’en suis sorti pour pouvoir exprimer toutes les conneries que je pensais alors que j’étais dans un état végétatif. Durant cet épisode, tout se passait dans ma tête et c’était merveilleux!  Je crois que c’est la vie elle-même qui m’a motivé. Pour moi, la vie, c’est une surprise continuelle. J’espère avoir toujours quelque chose à découvrir. »

Le changement
Les deux accidents laisseront des traces. L’homme de 75 ans doit aujourd’hui composer avec une mémoire vacillante et un nouvel analphabétisme: “Il faut que tu te rendes compte que tu n’es plus comme avant. Il faut mettre du fun dans sa vie pour rendre la maladie acceptable. L’important, c’est de continuer à faire quelque chose. J’ai toujours fait des choses différentes dans ma vie. J’en fais encore de nouvelles.”

Les séquelles de ses AVC ont transformé son art. Avant, son œuvre explorait toutes les possibilités du dessin à plat et de la composition déséquilibrée. “Maintenant, je trouve la dimension et je fais des dessins parfaitement équilibrés. Je n’aurais jamais fait ça avant.”

Vittorio Fiorruci a su changer en même temps que son fameux bonhomme vert, qui a évolué depuis sa création –vieilli et plus carré-. « Quand les gens se laissent aller, ils meurent.  Quand j’étais à l’hôpital, je préparais déjà des sketchs d’affiches. J’y constatais des erreurs que je n’avais jamais faites avant. C’était intéressant. L’univers dans lequel j’avais un contrôle absolu auparavant n’existait plus. Les gens qui se suicident parce que leur univers a changé, moi je leur réponds bullshit. Tu dois essayer de dépasser la situation. Si tu dois changer, change! C’est le plaisir de la vie! Ok, c’est malheureux, mon changement est arrivé avec un AVC. Mais comme on dit en anglais: where there is no stroke, there is no light.. »

Ressources
Fondation des maladies du cœur - Accidents vasculaires cérébraux (AVC)

Réseau canadien de la santé - AVC

Œuvres de Vittorio Fiorucci