Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

La coloscopie, est-ce nécessaire?

Émission du 6 décembre 2007

«J’ai 50 ans et mon médecin me suggère de passer une coloscopie. Est-ce nécessaire même si je n’ai pas d’antécédent dans ma famille?»

Nos experts

La Dre Nicole Beauchemin, professeure au Centre du cancer de l’Université McGill
Le Dr Victor Plourde, gastro-entérologue et président de l’Association des gastro-entérologues du Québec.

Dr Beauchemin, faut-il passer un test de dépistage du cancer colorectal, même si on n’a pas d’antécédent dans la famille?

Oui. Le cancer colorectal, ou cancer du colon, prend un certain temps à se développer. Cependant, une fois initié, il peut progresser rapidement. Moins de 60 % des patients s’en tirent. Pourquoi alors risquer de le détecter trop tard en reportant le dépistage? On pourrait probablement diminuer de 75 % le taux de mortalité si on détectait ce cancer tôt.

Quel est le meilleur moyen pour détecter le cancer colorectal le plus tôt possible?
Il faut prêter attention à tout changement, par exemple, à une fatigue vraiment anormale, ou à des changements sur le plan digestif. Si on constate une plus grande fréquence d’épisodes de constipation ou de diarrhée, ou encore qu’on trouve du sang dans les selles, il faut consulter son médecin le plus rapidement possible.

Le meilleur moyen de dépistage actuellement demeure la coloscopie, un examen visuel de l’intérieur du côlon à l’aide d’un endoscope, ou toute autre technique reliée à l’endoscopie. La coloscopie reste une technique un peu effractive dit-elle vraiment effractive? Si c’est le cas, je corrigerais quand même le texte avec invasive, peut-être?, c’est-à-dire qui exige une préparation de l’intestin et du colon 24 heures avant le test. Cette préparation permet au médecin de bien détecter les petites structures anormales qui s’appellent des polypes.

Qu’est-ce qu’un polype?
C’est une tumeur de l’intestin fréquemment retrouvée dans le colon et qui est souvent bénigne. Elle ne cause aucun symptôme. Toutefois, elle est potentiellement maligne.

C’est par un polype que débute un cancer du colon, et non par une masse cancéreuse. Le polype grossit et au bout de cinq à dix ans, il se cancérise. Plus le diamètre du polype est important, plus son potentiel de devenir malin l’est aussi. Lorsqu’on détecte un polype de quelques centimètres de diamètre au cours d’une coloscopie, la règle est de le réséquer, c’est-à-dire de l’enlever en le coupant. Ainsi, on évite toute possibilité de formation d’une tumeur cancéreuse maligne.

Pourquoi la coloscopie est-elle un sujet tabou?

Parce que c’est un examen par le rectum et qu’on doit gonfler l’intestin, les gens s’imaginent que cela va leur faire mal. Dans cet examen, le patient doit demeurer dans une position inhabituelle et inconfortable. Tout cela contribue à créer un tabou.

Mais ce tabou est en train de tomber au fur et à mesure que des patients réalisent que l’expérience est moins pire qu’ils ne l’imaginaient.

Quelle est l’efficacité de la coloscopie par rapport à d’autres méthodes de dépistage?
Parmi l’ensemble des méthodes utilisées, comme la recherche de sang dans les selles, le lavement baryté et la coloscopie virtuelle, la coloscopie dite optique est l’examen le plus sensible et le plus spécifique pour la détection de polype. C’est le seul examen diagnostique qui soit également thérapeutique parce qu’on peut faire la résection du polype au cours de la même procédure.

Cette procédure comporte-t-elle beaucoup de sédatifs?
On n’administre que deux médicaments pendant l’examen : le Versed, un médicament qui s’apparente au valium, et un narcotique. Ce dernier permet de réduire les crampes abdominales dues à la distension de l’intestin par l’air.

Quant à la procédure de réséquer un polype, le patient y est insensible.

À quelle fréquence faudrait-il passer un test de dépistage?
Le cancer du colon est le deuxième cancer le plus mortel au Canada. Chaque année, 20 000 Canadiens reçoivent un diagnostic de cancer colorectal.

Pour les patients dits «à risque moyen», c’est-à-dire ceux qui n’ont aucun antécédent familial de cancer ou de polypes, on recommande un examen à 50 ans. Ensuite, il faut se prêter à cet examen tous les dix ans.

Par contre, si un patient compte des cas de cancer colorectal dans sa famille immédiate (frères, sœurs ou parents), il peut calculer quand il devrait passer un premier test de dépistage. Par exemple, si un membre de votre famille a développé le cancer à 50 ans, vous devrez vous faire examiner à 40 ou 45 ans. Pour comprendre le calcul, on prend l’âge du membre de la famille au moment de la formation de son cancer et on y soustrait cinq ou dix ans. Le premier examen commence à cet âge, et on le répète tous les cinq ans par la suite.

Quand on aura au Québec un programme structuré de dépistage et qu’on pourra démontrer son efficacité à diminuer l’incidence des nouveaux cas de cancer du colon, les gens auront un incitatif très significatif pour se soumettre à une coloscopie.

Ressources
Association canadienne du cancer colorectal
1 877 50colon (26566)
514 875-7745Lorem ipsum dolor est amet sit
www.cancer-colorectal.ca