Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Gilles Fournier, le protecteur du citoyen âgé

Émission du 24 janvier 2008

«Je déteste l’injustice! C’est une notion qui m’affecte et qui m’interpelle beaucoup. Surtout celle qui est faite aux personnes âgées. Ils ne peuvent pas se défendre tout seul. Ils ont besoin d’une tribune pour le faire et pour pouvoir dénoncer les injustices.»

Gilles Fournier est un ancien ingénieur maintenant à la retraite. C’est une phrase de l’Abbé Pierre, célèbre en France pour son travail humanitaire, qui a allumé le feu sacré. Il disait que la plus grande injustice est l’absence de partage. «Je peux mettre mon savoir-faire et mon expérience au service des autres».

Il est entré chez SNC-Lavalin en 1975 comme directeur général en environnement, pour devenir vice-président jusqu’à sa retraite, en 1994.

«Quand on passe de l’ingénierie à l’environnement et enfin au travail communautaire, c’est pas tout à fait le même mode de pensée», fait-il remarquer. Comme ingénieur, on travaille avec de la matière froide. Mais le travail communautaire implique la participation des êtres humains, une implication beaucoup plus intéressante pour lui.

L’objectif de DIRA-Laval, l’organisme qu’il a fondé en 2002, est d’aider les personnes âgées victimes de violence. Quand l’entraide vient des retraités entre eux, l’écoute et le dialogue sont bien meilleurs.

Les abus financiers font partie des cas les plus graves. Juste pour cette année, ils représentent environ 58 % des 200 cas en traitement chez DIRA-Laval. Ce sont des problèmes très difficiles à régler, selon M. Fournier. «Vous savez, il y a rarement abus financier sans violence psychologique. Il faut faire peur à l’autre pour le dominer et ensuite le contrôler».

D’après lui, on assiste à une recrudescence de ce type d’abus. Souvent, les personnes qui commettent ces abus sont le fils, la fille et même très souvent les petits-enfants de la personne. Par exemple, la grand-mère va prendre en pitié son petit-fils qui a une dette de drogue et lui prêter les 300 $ pour rembourser sa dette. Ce qu’il peut continuer à faire à répétition, raconte Gilles Fournier. «Pense-t-elle acheter son amour en lui donnant beaucoup d’argent? On n’achète pas l’affection ou l’amour.»

Il donne aussi en exemple le cas d’une personne âgée de 80 ans menacée d’expulsion par son propriétaire. La vieille dame se retrouve à la cour pour la première fois de sa vie. C’est une expérience traumatisante pour elle. «L’autre jour, une dame âgée s’est mise à pleurer. Elle se demandait si elle serait obligée de se rendre devant un juge, raconte-t-il. Une personne âgée qui n’a jamais eu à se défendre et qui est malade n’a pas l’énergie pour se battre… L’arrivée en masse des baby-boomers à la retraite est en train de changer la donne, Ils sont beaucoup plus déterminés, critiques et renseignés. Ils dénoncent davantage. Ils n’ont pas peur de traverser le mur du silence. Contrairement à leurs aînés qui, très souvent, ne veulent pas se quereller.»

Pour M. Fournier, la forme de bénévolat pratiquée à DIRA-Laval reste l’une des plus valorisantes! «Je me rappelle avoir aidé un couple âgé à gagner sa cause en cour contre un voisin qui les terrorisait. Quand les gens vous remercient en pleurant, on entre chez soi le soir et on éprouve une satisfaction exceptionnelle.»

Ressources
Dira-Laval
http://dira-laval.ca

Éducaloi
www.educaloi.qc.ca

Réseau québécois pour lutter contre les abus envers les aînés (RQCAA)
www.rqcaa.org