Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Robert Béliveau, l'art zen de la médecine

Émission du 31 janvier 2008

En 2000, le Dr Robert Béliveau décide de mettre un terme à 23 ans de pratique en médecine familiale. Le dilemme est déchirant pour lui. Soit il continue à pratiquer la médecine en clinique pour ne pas aggraver la pénurie de médecins, soit il choisit une pratique différente, plus près de ses valeurs, mais encore considérée comme marginale par ses pairs. De son propre aveu, la décision est l’une des plus difficiles à prendre de sa vie. Pour trancher, il s’est demandé quelle serait la meilleure façon de donner le meilleur de lui-même pour soulager la souffrance quotidienne. «Est-ce que je serais plus utile en arrêtant d’être le dépositaire des solutions miracles pour devenir plus efficace en aidant mes patients à utiliser des ressources à la portée de tout le monde?» Il décide de se consacrer à ce qui lui tient à cœur : enseigner aux gens des méthodes de réduction de stress pour les aider à prévenir la maladie ou même, dans certains cas, pour contribuer à la guérir.

Il se tourne d’abord vers le counselling individuel pour finalement aller de plus en plus vers l’animation d’ateliers de relaxation et de réduction de stress. Sa rencontre avec Jon Kabat-Zinn, réputé mondialement pour avoir intégré une approche méditative de la pleine conscience dans la médecine traditionnelle, a été déterminante dans son choix de parcours.

Pour mieux vivre et surtout vivre en santé, il faut changer ses comportements. C’est essentiellement la peur qui maintient le statu quo, explique le Dr Béliveau. On est attachés aux habitudes qui nous tuent lentement, comme la surconsommation, et elles finissent par devenir une seconde nature. «La vie n’est que changement. On peut ne pas aimer les vagues et rester sur le rivage. Mais on peut apprendre à «surfer» et s’amuser avec la vie, dit-il. C’est la nature de mon travail maintenant, apprendre aux gens à surfer!»

Il est clair pour lui qu’on évite tout simplement d’écouter nos signaux d’alarme. «On emprunte plutôt des stratégies d’évitement comme l’alcool, le sport, la télévision, la shopping thérapie, avance-t-il. Pourtant, les signaux contiennent des messages importants pour nous.»

On a la possibilité et les ressources pour réorienter sa vie en se donnant les moyens de soulager nos souffrances. À défaut de le faire, prévient le médecin, la maladie prend le relais, tant au niveau physique que mental.

Un changement d’attitude est plus facile qu’un changement de circonstances. Et pour réaliser ce changement et améliorer sa qualité de vie, les outils sont à la portée de tout le monde, souligne Robert Béliveau.

Ressources
Interview avec le Dr Robert Béliveau

Centre de médecine préventive et d'activités physiques - Institut de cardiologie de Montréal