Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Comment choisir l'aide auditive qui convient le mieux?

Émission du 21 février 2008

«J’entends de moins en moins bien et j’aimerais savoir quels sont les appareils auditifs disponibles sur le marché.»

Notre experte invitée : Martine Gendron, audiologiste à l’Institut Raymond-Dewar

À quel moment s’aperçoit-on qu’on a besoin d’un appareil auditif?
Dès que l’on prend conscience que la perte auditive commence à déranger et à limiter nos activités, il faut penser à utiliser des appareils auditifs. Une autre indication pourrait être que notre handicap nous empêche de participer à des activités impliquant des échanges, par exemple une conversation.

Si la perte auditive affecte la vie de notre entourage, par exemple si notre conjoint est obligé de répondre au téléphone à notre place ou s’il doit répéter des propos parce qu’on les a ratés, il est temps de consulter.

Avant d’opter pour une prothèse auditive, il faut passer un examen pour évaluer la perte et aussi mesurer la qualité de l’audition qui reste. Le handicap peut être léger, modéré, modérément sévère, sévère ou profond.

Comment choisir le bon type de prothèse auditive?
Dans les cas de perte légère de l’ouïe, la plupart des modèles peuvent convenir car l’appareil n’a pas besoin d’être très gros.

Pour les cas modérés, on peut opter pour des modèles dits intra-auriculaires, c’est-à-dire qu’ils sont placés à l’intérieur de l’oreille. La taille du modèle varie en fonction du degré de la perte auditive. Ce sont la plupart du temps des modèles beaucoup plus discrets, soit le demi-conque et l’intra-canal, qui sont utilisés. Pour les problèmes sévères et profonds, les plus petits appareils ne sont pas adaptés, particulièrement ceux qui s’insèrent profondément dans le conduit auditif. Ils exigent des amplificateurs plus puissants, donc de plus grande taille. Leur format est incompatible avec ce type de modèle. Il faut choisir alors un modèle plus gros dit de «pleine conque», c’est-à-dire qui épouse la région correspondante à la conque de l’oreille.

Certaines personnes ne tolèrent pas les petits appareils qui obstruent le canal auditif. Ils peuvent alors opter pour un autre modèle de type «contour», qui se porte autour de l’oreille avec un écouteur dirigé à l’intérieur du canal. L’embout qui conduit le son jusque dans le canal auditif sera alors fabriqué sur mesure, en fonction du degré de perte auditive. C’est ce type d’appareil qui convient le mieux aux enfants, parce que leurs oreilles continuent de grandir. Il sera possible de ne changer que l’embout qui relie le module principal au conduit auditif sans changer l’appareil au complet.

Quels sont les critères importants à considérer quand on choisit son appareil auditif?
Il y a d’abord une question de goût, c’est-à-dire une préférence marquée pour un modèle en particulier. Il faut tenir compte aussi de la forme de l’oreille, pour laquelle certains modèles plus petits ne conviennent tout simplement pas.

L’audioprothésiste reste la personne la mieux qualifiée pour vous conseiller un modèle en fonction des technologies disponibles et de la morphologie de votre oreille.

Comment s’habitue-t-on à le porter?
Avec le temps, le corps s’habitue graduellement à le supporter. Au début, il peut se produire un phénomène d’occlusion et de réverbération, semblable à l’effet ressenti quand on parle dans une caverne ou quand on se bouche les oreilles. Il est possible d’atténuer cette sensation en s’exerçant à lire à haute voix de cinq à dix minutes par jour. Cet entraînement vise à vous habituer à entendre votre voix.

Au début, on conseille de rester à la maison pour ne pas s’exposer à tous les sons en même temps et de porter l’appareil deux à trois heures par jour, en rajoutant une heure les jours suivants.

La technologie numérique améliore-t-elle la qualité de l’audition?
Cette technologie rend une qualité d’audition supérieure aux modèles conventionnels. La technologie numérique a permis d’améliorer le confort d’écoute, c’est-à-dire de faciliter l’ajustement de l’appareil en fonction de la perte auditive. Comme pour tous les dispositifs, ce modèle connaît aussi des limites. Par exemple, quand plusieurs personnes parlent en même temps, l’amplification auditive rend tous les sons plus forts. Pour remédier à la situation, les appareils sont munis d’un dispositif pour atténuer les bruits environnants. Il reste qu’à certains moments, quand plusieurs conversations se tiennent en même temps, par exemple, le cerveau peut tout de même avoir de la difficulté à sélectionner les sons d’une seule personne sans éliminer ceux des autres conversations qui se déroulent aux alentours. C’est un problème qui peut continuer chez certaines personnes malgré le port d’un appareil de bonne qualité.

Quelle est la durée de vie de ces appareils?
La durée de vie de l’appareil dépend de son utilisation. Cependant, pour une utilisation quotidienne maximale, il faut prévoir une durée de vie d’environ 5 ou 6 ans.

Ces appareils sont-ils coûteux?
Les prix varient de 1 000 $ à 4 000 $ par appareil, selon la technologie utilisée, la quantité d’options offertes, le traitement du signal et le format. De façon générale, les modèles plus petits sont plus onéreux que les plus grands.

Quelles sont les promesses de développement technologique?
Les nouvelles technologies devraient rendre possible d’ici peu la communication sans fil entre les aides auditives et les téléphones cellulaires, les mini-ordinateurs de type BlackBerry et tous les autres outils de communications modernes.

Ressources
Centre plurirégional de réadaptation spécialisé et surspécialisé en surdité et en communication - Institut Raymond-Dewar
Affilié à l’Université de Montréal
www.raymond-dewar.qc.ca