Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

L’ABC de l’hypoglycémie

Émission du 28 février 2008

«J’ai toutes sortes de symptômes qui me laissent croire que je souffre d’hypoglycémie. Est-ce que je peux éviter des crises si je surveille mon alimentation?»

Notre experte invitée : Dre Jana Havrankova, endocrinologue à la Clinique du Mont-Carmel.

Comment reconnaître l’hypoglycémie?
L’hypoglycémie, par définition, signifie la baisse de la glycémie, c’est à dire le taux de sucre (ou glucose) dans le sang.

À quoi sert le glucose dans notre organisme?
Le glucose sert à nourrir toutes les cellules de notre corps, en particulier celles du cerveau, qui en a besoin presque exclusivement. Même pendant un jeûne prolongé, le cerveau va surtout utiliser du glucose pour fonctionner. Donc, le glucose est absolument essentiel à notre survie.

Quels sont les différents types d’hypoglycémie?
Les formes les plus fréquentes touchent surtout les diabétiques, plus sujets à l’hypoglycémie en réaction à la prise de médication hypoglycémiante. Les patients concernés sont ceux traités notamment au Diamicron, Amaril, Gluconorm, Diabeta et, bien entendu, à l’insuline, qui est l’agent hypoglycémiant le plus puissant.

On connaît aussi une autre grande catégorie dite réactionnelle - appelée aussi postprandiale ou réactive - qui apparaît de 4 à 5 heures après un repas. Cette forme d’hypoglycémie peut apparaître chez des personnes qui ne sont pas diabétiques. On peut faire de l’hypoglycémie réactionnelle si on a des problèmes de pré-diabète, où la sécrétion d’insuline est soit un peu tardive, soit un peu exagérée ou soit inappropriée par rapport à la glycémie.

Voici comment s’explique le phénomène. Quand on ingère des aliments contenant du glucose, le pancréas réagit en produisant de l’insuline pour l’utiliser et le stoker au niveau du foie. Dans cette réaction, il peut arriver que l’insuline soit sécrétée de manière exagérée ou tardive par rapport à la montée de la glycémie. À ce moment-là, une hypoglycémie réelle survient après le repas.

Enfin, il existe une catégorie plus rare qui affecte surtout les personnes diagnostiquées avec une tumeur bénigne au pancréas ou connaissant certains problèmes d’hormones, comme l’insuffisance surrénalienne.

Quels sont les symptômes de l’hypoglycémie?
La carence de sucre entraîne principalement deux réactions. Les premiers symptômes sont qualifiés d’adrénergiques et découlent de la présence des hormones de stress comme l’épinéphrine. La personne ressentira alors des tremblements, des palpitations et des sueurs.

Un deuxième ordre de symptômes est lié à la carence de glucose au cerveau et produit des étourdissements, des difficultés de concentration et la faim subite. Si l’hypoglycémie est prolongée, cela peut aller jusqu’à la perte de conscience, des convulsions ou un coma. Cette forme particulière d’hypoglycémie demeure la plus problématiques et aussi la plus controversée.

En quoi cette forme d’hypoglycémie est-elle controversée?
Plusieurs personnes croient à tort souffrir d’hypoglycémie. Ces gens-là présentent des symptômes similaires à ceux de l’hypoglycémie, mais ils ne sont pas hypoglycémiques au sens strict du terme puisque leur taux de glycémie dans le sang est normal.

La plupart des gens qui pensent souffrir d’hypoglycémie réactionnelle souffrent plutôt d’un syndrome postprandial. Le syndrome n’est pas causé par une baisse de sucre, mais est plutôt responsable d’un changement au niveau des hormones gastro-intestinales qui survient après un repas.

Combien de personnes en souffrent-elles réellement?
Parmi la population qui s’estime hypoglycémique, les études démontrent qu’il y en a seulement 5 % qui en souffrent vraiment.

Parmi les personnes à risque, on pense par exemple aux personnes très minces et de petite taille qui n’ont pas ou peu de réserve de sucre. On peut les comparer à de petits oiseaux, qui doivent manger fréquemment. Les personnes minces sont aussi plus sensibles à l’insuline. Quand elles sont privées de nourriture trop longtemps, elles épuisent plus facilement leurs réserves, surtout longtemps après un repas.

Pour ces personnes, y a-t-il un lien entre leur mode de vie - stress et alimentation - et l’hypoglycémie?
Quand on parle de la glycémie réactionnelle, les gens qui sont reconnus comme étant hypoglycémiques ont un pancréas qui réagit de façon trop brusque.

Il faut donc lui alléger le travail, en éliminant les aliments sucrés de son alimentation. Au moment de l’hypoglycémie, il faut prendre une source de sucre rapide comme un jus, une pastille de glucose ou des bonbons. Pour prévenir les périodes d’hypoglycémie, il faut justement éviter ces sucres. À la place, on privilégie les sucres lents comme le pain, les céréales et les fibres, répartis sur trois petits repas et trois collations durant la journée. Les collations doivent contenir des fibres et des protéines pour calmer le pancréas un peu hyperactif. En respectant ces habitudes, on évite la sécrétion d’insuline et les réactions glycémiques en dents de scie.

Ressources
Association des hypoglycémiques du Québec
www.hypoglycemie.qc.ca

Passeport Santé – Hypoglycémie

Livres

Vaincre l'hypoglycémie
Odette Bouchard et Murielle Thériault
Les Éditions de l'Homme, 2003
382 pages