Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

André Archambault, le missionnaire des jeunes en difficulté

Émission du 28 février 2008

André Archambault est un homme indigné par l’injustice et la misère. Sa famille a grandi dans le quartier populaire de Saint-Henri, à Montréal. Pour arriver à nourrir les cinq enfants, son père cumulait trois emplois. Malgré un horaire éreintant, il trouvait quand même du temps pour aider les autres. Une influence marquante pour André Archambault, à qui il a insufflé le sens de la justice et de la dignité. «La solidarité est le contraire de la charité. La solidarité, c’est un sentiment qui nous fait grandir en même temps qu’on aide les autres», explique-t-il.

Il est le co-fondateur de l’Auberge communautaire du Sud-Ouest, un organisme d’accueil et de réinsertion qui a ouvert ses portes en 1987. L’Auberge accueille aujourd’hui une vingtaine de jeunes sans-abri. Pour la plupart, ils ont été déracinés de leur milieu naturel et n’ont plus de ressources, en plus de souffrir dans beaucoup de cas de problèmes de santé mentale comme la dépression. Selon André Archambault, la situation des jeunes en difficulté s’est aggravée et les jeunes souffrent plus que jamais.

Le pire, selon lui, c’est qu’aujourd’hui les jeunes en détresse sont plus médicamentés qu’avant. «J’ai l’impression qu’on est en train de médicamenter la détresse sociale. Avant on se disait qu’un jeune était dépressif parce qu’il était dans la rue et que si on l’aidait à mener une vie normale, il ne serait plus dépressif. Aujourd’hui, on donne des anti-dépresseurs et on ne considère pas ce qu’est sa vie. On ne guérit pourtant pas les problèmes sociaux avec des pilules.»

Le séjour à l’Auberge peut s’échelonner sur plusieurs mois, voire jusqu’à un an dans certaines situations. En plus d’offrir l’hébergement, l’organisme met en place toute une structure de réinsertion. Une équipe d’intervenants fournit de l’aide à l’emploi, au logement et à la formation. Les jeunes peuvent aussi être orientés vers de l’aide psychologique. Ceux qui souhaitent recevoir une formation d’aide-cuisinier sont accueillis à l’Atelier-cuisine, une cellule de l’Auberge.

Pour André Archambault, les jeunes souffrent surtout de solitude et du rejet. «Nous les aidons à reconstruire leur vie. Ici, ces jeunes appartiennent à un réseau de solidarité et de soutien. Ils ont l’occasion de développer un sentiment d’appartenance. Certains pensionnaires reviennent travailler avec nous pour aider les autres. C’est la plus belle récompense et la preuve positive de nos interventions. Ensemble, on devient partenaires. Un jour, ils font partie du problème et l’autre, ils deviennent la solution.»

Quelle est la solution pour régler l’itinérance chez les jeunes, une fois pour toute? «Il n’y a pas de solution miracle, dit-il. Il faut commencer par régler la pauvreté, les problèmes de logement et, surtout, prendre du temps pour tisser des liens avec eux.»

Ressources
L'Auberge communautaire du Sud-Ouest