Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Anny Sauvageau – Interprète de crimes

Émission du 13 mars 2008

La Dre Anny Sauvageau pratique la médecine de manière bien spéciale. Contrairement à ses confrères, elle ne soigne personne. Son rôle consiste plutôt à faire parler les cadavres pour élucider les morts suspectes. Comme pathologiste judiciaire, Mme Sauvageau est appelée sur les scènes de crimes dès qu’il y a mort suspecte. Son travail consiste à enquêter sur les causes possibles de la mort. Ce travail commence à la morgue du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal et se poursuit en laboratoire. Pour la spécialiste, il s’agit de trouver des indices pour arriver à mettre toutes les pièces du puzzle ensemble. «Par exemple, le meurtrier a-t-il utilisé un couteau avec petites ou longues dents? Une lame allongée ou courte? On gratte, on cherche pendant des heures pour trouver la pièce manquante qui nous fait mettre en place toutes les autres. Quand on y arrive, on vit un moment rempli de satisfaction intellectuelle très grand!» Une fois l’enquête terminée, la pathologiste doit se préparer éventuellement à témoigner en cours, s’il y a procès.

Pour Anny Sauvageau, le témoignage en cours constitue une étape cruciale. Ses conclusions permettront au juge et au jury de décider ou non de la culpabilité d’un présumé criminel. Une pression du métier qu’elle juge à la fois stimulante et difficile. «Mes interventions exigent un effort de vulgarisation, de concision, de minutie et de rigueur scientifique considérable, explique-t-elle. En même temps, c’est une occasion privilégiée d’expliquer aux parties les résultats de l’autopsie de manière très claire. Les enjeux sont de taille. Si le jury ne comprend rien à mes explications, mon travail n’a absolument servi à rien! », poursuit la Dre Sauvageau,

Les pathologistes judiciaires sont une denrée rare. Pour tout le Québec, on n’en trouve que trois. Ce qui signifie qu’à chaque année, Anny Sauvageau enquête sur environ 40 morts suspectes à travers la province.

Anny Sauvageau n’a pas toujours rêvé d’embrasser cette spécialité de la médecine. Son choix s’est d’abord porté vers la médecine et ce n’est que plus tard qu’elle a opté pour la pathologie. Un pari audacieux, si l’on tient compte des exigences et du parcours académique nécessaire : doctorat en médecine, maîtrise en sciences neurologiques et certificat spécialisé en anatomo-pathologie. En tout, la Dre Sauvageau a étudié pendant 12 ans. «Mais ce n’est qu’après 11 ans d’études que j’ai été certaine de ce que je voulais faire!».

Plusieurs facteurs ont déterminé son choix. Principalement le fait de travailler en équipe avec d’autres spécialistes du monde judiciaire comme les coroners, les avocats et les policiers. Aussi, la nature du travail est très variée, les cas à traiter étant tous différents. Mais plus que tout, c’est la possibilité de contribuer à faire condamner des coupables et à éviter les erreurs judiciaires pour d’innocentes victimes qui l’ont motivée.

Ressources
Centre des sciences de Montréal - Dossier sur la criminalistique, préparé pour l'exposition Autopsie d'un meurtre