Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Luca Patuelli, handicapé et star mondiale du break dance

Émission du 27 mars 2008

Luca Patuelli est peu connu au Québec. Du moins, pour l’instant. Des milliers d’internautes ont téléchargé ses prestations captées sur vidéo, à partir du site Internet You Tube. À 23 ans seulement, celui que l’on surnomme Lazy Legz est déjà une étoile montante sur la scène mondiale du break dance. Les États-Unis l’ont applaudi lors de son passage à l’émission America’s Got Talent. Bref, on admire son talent. Mais Lazy Legs inspire surtout l’admiration et le courage parce qu’il réussit ses prouesses en danse  malgré une maladie rare qui le laisse presque invalide des deux jambes.

Luca Patuelli est atteint d’arthrogrypose, un syndrome congénital rare qui affecte les os et les articulations du corps. Les extrémités en sont le plus souvent touchées, comme les mains, les poignets, les pieds ou les chevilles. L’arthrogrypose provoque des raideurs articulaires et la déformation des membres.

Le sourire espiègle de Luca Patuelli ne montre pas toutes les souffrances qu’il a endurées et les batailles gagnées jusqu’ici. À l’école Vanier de Dorval, où il est invité à prononcer une conférence, les jeunes l’écoutent médusés. Il leur raconte avoir subi 16 opérations, dont la première remonte à l’âge de huit mois seulement. Il a eu les articulations des jambes déliées et les vertèbres soudées. Une tige en titane maintient sa colonne vertébrale en place. « Vous imaginez ce qui se passe quand je traverse les contrôles à l’aéroport », lance-t-il à la blague à son auditoire ! La communication passe avec le public. Il est charismatique et l’humour fait partie de ses forces. « Lazy Legs signifie ‘jambes paresseuses’, explique-t-il. J’ai précisément choisi ce surnom pour rire un peu de mon handicap. »

À sa naissance, les médecins ignorent ce dont il souffre. Le mieux à faire, conseillent-ils aux parents, c’est de lui acheter une chaise roulante. Ils lui offrent plutôt un tricycle. « Mes parents étaient tellement horrifiés face à cette drôle de maladie qu’ils ignoraient quoi faire ! Au lieu de me surprotéger, ils ont plutôt choisi de me traiter comme si la maladie était inexistante. Dès l’âge de trois ans, mon père m’attachait à lui et on faisait du ski alpin ensemble. » Il ne manque pas une occasion de remercier ses parents et ses amis de toujours l’avoir considéré comme une personne normale. Il essuie encore parfois des remarques blessantes. « Certaines personnes m’ont déjà dit de me lever debout. Quand je faisais de la planche à roulettes, j’ai même entendu quelqu’un dire ‘Regardez ce chien qui roule sur le trottoir. » Ces remarques m’ont blessé. Sauf qu’on peut pleurer une journée ou deux, mais pas pour le restant de sa vie, rajoute-t-il.

Lucas Patuelli est devenu LazyLegs un peu par hasard. Une énième opération aux genoux l’a forcé à abandonner sa carrière de planchiste. À la place, ses amis l’ont convaincu d’essayer le break dance. Il a immédiatement aimé… et surtout démontré des talents exceptionnel. Ces dernières années, il a participé aux plus grandes compétitions en Californie, en France, en Italie, et aux États-Unis.

En parallèle, il s’implique beaucoup dans la communauté. On l’invite fréquemment dans les écoles nord-américaines à prononcer des conférences de motivation. Lazy Legs a réuni d’autres danseurs handicapés comme lui pour former la troupe Ill-Abilities qu’il souhaite un jour transformer en véritable mouvement.

S’il est fier de toutes ces exploits, la plus grande victoire reste à venir. Depuis cinq ans, il a réussi à faire quelques pas sans béquilles. Il est convaincu pouvoir marcher un jour. Ce sera le plus grand accomplissement pour lui, qu’il atteindra un petit pas à la fois, lance-t-il avec le sourire.

Ressources
Site officiel de Lazy Legz
www.lazylegz.com