Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Dr Éric Notebaert, guérir l'Homme et sa Terre

Émission du 11 septembre 2008

Intensiviste et urgentologue aux hôpitaux Sacré-Cœur et Cité-de-la-Santé, Éric Notebaert défend aussi avec vigueur une autre forme d’urgence : celle d’agir pour l’environnement. Il dénonce le gaspillage pratiqué dans nos établissements de santé et plaide pour des «hôpitaux verts». Une question de santé globale, selon lui. Et à laquelle les médecins devraient s’intéresser…

«Moi, j’ai l’impression d’être un peu sur deux planètes», confie Éric Notebaert. D’un côté, les questions énergétiques, le réchauffement de la planète, dont il discute à divers comités et commissions fédérales et provinciales. De l’autre, le rythme effréné de la médecine d’urgence et la proximité de la mort.

«Les ‘hôpitaux verts’, c’est peut-être une façon de joindre les deux et de toucher la population, poursuit le médecin. Si on est le plus vert possible dans nos milieux de travail, je pense qu’on peut avoir un impact sur la population. Juste en donnant l’exemple.»

Un «hôpital vert»
Qu’est-ce qu’un hôpital vert? Notamment, un lieu où on recycle! Papier, carton, verre, plastique, matières putrescibles… «La réalité, c’est qu’on le fait très peu, dénonce Éric Notebaert. Dans la grande majorité des hôpitaux du Québec, on recycle un peu le papier et le carton. Et ça s’arrête là.» Il y a un travail énorme à faire, soutient le médecin. Beaucoup de matériaux – des produits en plastique jetable, surtout – pourraient être recyclés. «Un hôpital de 200 lits produit 400 tonnes de rebut par année. 200 lits c’est un petit hôpital. Multipliez ça par le nombre de lits qu’on a au Québec, c’est vraiment beaucoup, beaucoup!»

Une solution possible : utiliser des matériaux réutilisables, à stériliser, comme on le faisait autrefois, plutôt que des matériaux jetables.

Le médecin : prêcher par l’exemple?
Aux abords des centres hospitaliers, le contraste est frappant : les stationnements sont bondés tandis que les supports à vélo se comptent plus souvent qu’autrement sur les doigts de la main. Les professionnels de la santé ne devraient-ils pas être les premiers à prêcher par l’exemple? «Les médecins devraient être des gens sensibilisés à l’importance de l’environnement, à l’activité physique », considère le Dr Notebaert. Et puis la journée est beaucoup plus belle quand on fait une heure de vélo plutôt qu’une heure d’automobile!»

«Les médecins ont un certain pouvoir dans la société, poursuit-il. Un pouvoir de persuasion. Ils peuvent avoir une influence importante sur leurs patients, dans leur comportement, dans leur façon de faire. Un pouvoir social et politique, par leurs activités, leur implication. Ils pourraient faire beaucoup plus que ça. Le réchauffement de la planète, c’est une question de santé globale. Les médecins pourraient faire beaucoup, beaucoup plus.»

C’est ce que tente, à sa façon, le Dr Éric Notebaert. «Ce n’est pas quand on va être malade ou sur notre lit de mort qu’il sera temps de revenir en arrière! C’est ma philosophie, que j’essaye d’insuffler à nos enfants. C’est peut-être ça le plus important.»

Depuis quinze ans, Éric Notebaert préside Professionnels de la santé pour la survie de la planète, une organisation engagée dans le développement international, le désarmement et l’environnement. Il a également travaillé au Cambodge pour former ceux qui soignent les victimes de mines antipersonnelles, voyagé dans de nombreux pays en développement et mené des batailles dans plusieurs dossiers chauds comme les armes et l’énergie nucléaire.