Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Germain Lafrenière, comprendre l'autisme

Émission du 23 octobre 2008

À la Bioferme Laval, des adultes atteints d’autisme ou de déficience intellectuelle reprennent goût à la vie en travaillant la terre et en prenant soin des animaux. L’initiative appartient à Germain Lafrenière, qui offre des services d’accompagnement aux familles vivant avec une personne atteinte d’un trouble envahissant du développement.

Une rencontre inspirante!

«Quelle entreprise a la chance de voir arriver des travailleurs avec le sourire, qui ont HÂTE de travailler?», lance Germain Lafrenière. C’est bel et bien ainsi que les choses se déroulent à la Bioferme Laval. Au point que l’initiateur du projet en parle comme d’une «nourriture» pour l’âme dont il ne peut se passer. «Leur sourire, dit-il c’est ma paie! C’est magnifique de voir ça.»

Depuis qu’il a fondé la Société de l’autisme de Laval, en 1995, Germain Lafrenière a pu constater à quel point les adultes atteints d’autisme ou d’un autre trouble envahissant du développement étaient peu intégrés au monde du travail et, par conséquent à la société.

C’est donc pour leur faire une place, les aider à donner un sens à leur vie, que le projet de la ferme biologique a été mis sur pied. Mais entre les idées et la réalité, tout un monde restait à créer. Un travail, ou presque, de forcené, auquel parents, amis et autres partenaires ont été conviés, et ont participé en grand nombre.

«J’ai pris le marteau, j’ai pris le tracteur, j’ai pris la grue, j’ai pris tous les instruments qu’on pouvait prendre!, raconte M. Lafrenière. On a mis entre 50 000 et 60 000 heures de bénévolat pour tout construire et aménager.»

Résultat : 400 arbustes, 5000 grappes d’asperges, plusieurs serres et ateliers, une grange, une table champêtre, une terre prête à recevoir des semis, et on en passe. Aujourd’hui, la Bioferme possède aussi des élevages de lapins et de poules, de «petits» élevages, précisons-le, car Germain Lafrenière tient à conserver la «dimension humaine» de ce projet, ce qui fait d’ailleurs toute sa richesse.

De la télé à la terre
Travailler la terre, pour un autiste, c’est «pouvoir voir» l’effet de son action, du geste posé. «Mettre une graine dans le sol et attendre 4 mois en espérant qu’il va sortir quelque chose, ça nous paraît tout à fait banal, explique M. Lafrenière. Mais pour eux, non, parce que ce n’est pas visible. Alors quand ils voient le résultat, il se passe vraiment quelque chose!»

Selon M. Lafrenière, plus de la moitié des autistes et handicapés intellectuels qui travaillent aujourd’hui à la Bioferme attendaient, auparavant, «que la vie passe», souvent devant la télé, parfois à effectuer un travail peu valorisant.

«Ça leur a redonné goût à la vie; ils ont fait des rencontres. C’est déjà une réussite de les avoir avec nous, considère-t-il. Le reste, l’apprentissage au travail ou l’intégration à la société, c’est un bonus.»

Fait rare, Germain Lafrenière n’a pas d’enfants ni de parents atteints d’un trouble envahissant du développement, ce qui est généralement le cas des personnes qui mettent sur pied de telles initiatives humanitaires.

«J’ai deux fils en pleine santé, et la vie m’a bien gâté jusqu’à maintenant. Il faut trouver le moyen de remercier, de redonner aux autres. C’est un peu pour ça que j’ai pensé à lancer un projet comme celui-là.»

Actuellement, Germain Lafrenière est aussi engagé dans un projet de logements pour les personnes handicapées. Parce qu’après le travail, dit-il, le logement est aussi une clé pour l’autonomie des personnes handicapées.

Ressources
Société de l’autisme et des TED de Laval

Autisme Laval