Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Dossier de la semaine

Utiles, les grands-parents?

Émission du 4 décembre 2008

Les baby-boomers ont maintenant l’âge d’avoir des petits-enfants, ce qui crée une petite révolution dans l’art d’être grands-parents! À l’âge de la retraite, les papies et mamies d’aujourd’hui sont en bien meilleure santé que la génération précédente. Plus jeunes de corps - et peut-être aussi d’esprit! - ils participent de près à la dynamique familiale. Ce qui, le démontrent les recherches, les rendent plus heureux et les gardent en meilleure santé! Après le baby-boom, voici venu le temps du Papy boom.

Micheline Sanche, une jeune grand-mère allumée, est le parfait exemple de cette nouvelle réalité. Elle habite un triplex, format «intergénérationnel», pour consacrer une expression à la mode. Fiston habite au-dessus de sa tête, avec sa conjointe et leurs deux enfants. Et une nièce, qui vient d’avoir son premier enfant, occupe l’étage du dessous. À l’arrière, un escalier intérieur permet de passer facilement d’un appartement à l’autre. «Il y a un côté rassurant à ça, souligne Micheline. Je me sens un petit peu plus en sécurité, et je pense qu’eux aussi, finalement!»

Comme les parents travaillent selon des horaires irréguliers, Micheline assume parfois une relève de dernière minute, assurant une présence à la maison jusqu’au retour des parents. En cas de maladie d’un des enfants, elle se montre aussi disponible. Un soutien précieux, que Micheline offre avec générosité et plaisir, sans pour autant s’oublier. Enseignante de profession, Micheline a pris sa retraite en juin 2007… pour mieux y retourner un an plus tard, à mi-temps. «J’adore ça! Ça me tient au courant de ce qui se passe en éducation, ça me tient alerte. Pour être disponible auprès de ma famille, je pense qu’il faut que je sois bien là-dedans. Travailler deux jours et être disponible pour mes enfants et mes petits-enfants le reste de la semaine, c’est le meilleur des deux mondes!»

«Dans les familles nombreuses d’autrefois, les grands-parents restaient à la maison, rappelle Francine Ferland, auteure du livre «Grands-parents aujourd’hui - plaisirs et pièges». La famille élargie habitait la maison. Ensuite, on est passé à la famille nucléaire mais, actuellement, on revient avec une proximité, entre autres avec des logements multigénérationnels.»

Le rôle des grands-mamans et des grands-papas a néanmoins beaucoup changé. Et la relation qu’ils entretiennent avec leurs petits-enfants est aussi très différente de celle qu’ils ont eux-mêmes connue autrefois. La pratique d’Internet et le pique-nique au parc ont remplacé la dégustation de biscuits cuisinés par une grand-maman à chignon!

«J’ai un très bon souvenir de mes grands-mères, raconte Micheline. Elles étaient âgées. J’allais manger chez une de mes grands-mères; elle me faisait de bons repas, des beignes à Noël. Elle était très contente de nous recevoir mais elle ne venait pas se baigner avec nous! Ce n’était pas ça son activité de grand-maman!»

«Les grands-parents d’aujourd’hui sont plus jeunes que ceux des années précédentes, confirme Francine Ferland. Une étude canadienne mentionne que l’âge moyen, pour devenir grand-parent, est fin de la quarantaine, début de la cinquantaine. Quand naît leur premier petit-enfant, les grands-parents sont encore sur le marché du travail. S’ils sont à la retraite, ils sont très actifs et ont souvent un agenda plus chargé que lorsqu’ils travaillaient!»

Fait important : les grands-parents sont aussi beaucoup plus nombreux que les petits-enfants. Le taux de natalité est d’environ 1,7 enfant par famille au Canada, alors qu’on évalue qu’une personne sur quatre est grand-parent ou arrière-parent. Après le baby-boom, voici venu le temps du Papy boom… Une génération plus jeune et en bien meilleure santé que les grands-parents d’autrefois, ce qui a un effet certain sur les liens filiaux. «Ils ont une espérance de vie plus longue et ils vont avoir une relation à long terme avec les petits-enfants, résume Francine Ferland. Ils les connaîtront enfants, mais aussi adolescents et, possiblement, même quand ils seront adultes.»

Qu’est-ce que le grand-parent idéal?
«Je ne sais pas s’il existe!, concède Francine Ferland. On peut l’imaginer comme celui qui est là quand on en a besoin, mais qui sait aussi se faire discret quand la famille le désire. Le grand-parent idéal est disponible mais il sait aussi créer des liens intéressants et intenses. Il a du plaisir à jouer son rôle de grand-parent. Si le grand-parent a du plaisir, l’enfant aura aussi du plaisir. Et les parents sentiront aussi que ça se passe bien.»

Les grands-parents comme «aidants naturels»
Lorsqu’on parle d’aidants naturels, on pense à ceux qui s’occupent de parents vieillissants. Mais on oublie que, parfois, ce sont les grands-parents eux-mêmes qui sont appelés à jouer ce rôle. Ils deviennent souvent un soutien essentiel pour les familles aux prises avec un enfant malade. C’est notamment le cas des grands-parents de Léa, une petite fille atteinte de paralysie cérébrale.

«Les grands-parents ont été une bouée de sauvetage!, s’exclame Sara Tremblay, mère de Léa et d’une autre petite fille. Quand on est arrivé à Montréal, ils ont été très présents. Ils nous ont accueillis chez eux, le temps qu’on achète la maison. Le temps qu’on s’installe, qu’on trouve des ressources. On avait zéro aide, zéro ressource. Ça a pris deux ans avant qu’on soit autonome.»

Aujourd’hui, Sara et son conjoint bénéficient d’une aide à la maison et ont accès à un centre de répit. Le soutien des grands-parents n’en demeure pas moins précieux. Ils viennent passer un week-end sur deux, prennent les filles en charge à tour de rôle pendant une semaine ou deux l’été. «C’est le petit extra!, souligne Sara. Ils nous permettent d’aller au restaurant juste mon mari et moi, d’avoir une heure de plus au lit.»

Une pause bienvenue pour tous les parents, et encore plus s’ils ont un enfant handicapé. La tâche quotidienne est lourde; les soins à donner, complexes… «Elle est tellement vulnérable, dit YvonTremblay, grand-papa de Léa. Il faut être attentif à ses besoins. Si elle a mal quelque part, elle ne peut pas nous le dire. Au début, j’avais beaucoup de difficulté à m’en occuper. Elle est tellement vulnérable; je ne savais pas quoi faire. Mais je me suis apprivoisé graduellement.»

«Quand naît un enfant avec une déficience ou une limitation importante, les grands-parents se sentent généralement très concernés», souligne Francine Ferland. Certains grands-parents s’occupent directement de l’enfant; ils vont lui donner des soins, le garder à la maison, l’amener à des thérapies. D’autres vont plutôt jouer un rôle de soutien auprès de la famille, prendre en charge certaines tâches comme la préparation des repas ou le ménage de la maison, afin d’alléger le quotidien des parents.

S’occuper d’un enfant handicapé est une tâche difficile. Mais pour France Desbiens, grand-maman de Léa, c’est avant tout, s’occuper de sa petite-fille. «C’est naturel d’aimer l’enfant de ma fille, témoigne-t-elle. Être avec Léa, pour moi, c’est une récompense. Si jamais Léa part, je ne me reprocherai jamais rien. J’en aurai profité de ces années-là. Dans ma tête à moi, j’aurai tout fait.»

De l’aide pour les familles!
En août dernier, le Conseil de la famille et de l’enfance lançait un cri d’alarme au gouvernement afin qu’il vienne en aide aux familles d’enfants handicapés. Le Conseil disait recevoir de nombreuses demandes d’aide de la part de parents épuisés et découragés.

Ce même conseil a publié, en 2007, un important rapport sur les besoins des familles d’enfants handicapés : Tricoté avec amour. L’étude faisait état du manque de ressources attribuées aux familles et relevait que les familles qui s’en sortaient le mieux étaient celles qui pouvaient compter sur l’aide de proches parents.

Sans «aidant naturel», les familles éprouvent souvent de graves problèmes, dont une piètre situation financière. Bien des mères sont ainsi forcées de choisir entre travail et épuisement. Les familles auront-elles accès à un meilleur soutien des gouvernements? On leur souhaite mais on peut penser, en cette ère «post-État-providence», que les solidarités familiales gagneront en importance…

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