Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Dossier de la semaine

L'hypnose

Émission du 4 novembre 2005

Seulement au Québec, plus 150 médecins, dentistes et psychologues regroupés au sein de l'Association de hypnologues du Québec (AHQ) utilisent l'hypnose dans leur pratique courante. L'hypnose est une des techniques qui permet de modifier nos perceptions, et donc nos émotions. Par l'hypnose, on peut bel et bien améliorer la santé de quelqu'un. Des exemples: arrêter de fumer; contrôler son poids; subir une opération sans anesthésie; favoriser ses chances de guérison d'un cancer; prévenir la migraine ou le psoriasis.

Danielle Fecteau

Psychologue et hypnothérapeute, Danielle Fecteau est l'auteure de L'effet placebo, le pouvoir de guérir qui l'a amenée à décortiquer quelque 600 à 700 recherches sur le sujet. Après avoir contracté une bactérie résistante lors d'une intervention chez le dentiste, Danielle considère la possibilité de se guérir elle-même. Elle consulte des praticiens alternatifs, pratique la méditation et réalise qu'elle peut elle-même déclencher des processus d'autoguérison. Elle entreprend une réorientation de carrière, étudie la psychologie et décroche un doctorat.

Elle découvre que les émotions négatives ou positives influencent le corps, qu'elles agissent sur plusieurs hormones, bloquant ou excitant leur fonction, ce qui provoque une réaction du système immunitaire, favorable ou défavorable. C'est en accédant à un état de conscience altéré qu'on peut changer ses perceptions ou émotions au sujet d'un problème de santé et qu'on peut guérir. Et on peut atteindre cet état altéré par différents moyens, dont l'hypnose. Par exemple, si un patient appréhende un traitement douloureux, on peut lui suggérer une autre perception/émotion alors qu'il se trouve dans un état de conscience altéré. Mais il ne suffit pas de dire « il n'y a rien là » pour cesser d'être terrorisé devant une chimiothérapie. L'hypnose est un moyen de modifier « malgré soi » l'émotion négative. Et ce n'est pas de la magie. On observe bel et bien une modification de l'activité cérébrale dans des régions particulières. La suggestion, pour fonctionner, « éteint » la fonction rationnelle qui empêche parfois de voir et de ressentir toutes nos possibilités.

Jean-Roch Laurence

Jean-Roch Laurence est psychologue, professeur à l'Université Concordia et directeur du laboratoire de recherche sur l'hypnose. Il étudie les mécanismes de l'hypnose et les processus cérébraux qui la sous-tendent. « Si on fait une suggestion hypnotique à quelqu'un, le cerveau répond comme si la chose imaginée existait vraiment. Ce sont d'abord les lobes frontaux qui réagissent les premiers. Il y a captation de l'attention. Puis, à mesure que le sujet devient de plus en plus hypnotisé, on voit une migration des mécanismes vers les lobes occipitaux, responsables de la vision, de l'imagerie. »

Jean-Roch Laurence s'intéresse aussi à la capacité d'une personne à être hypnotisée. Il se pose la question : Qu'est-ce qui fait qu'une personne répond bien à l'hypnose ? Ses résultats, publiés dans la revue Québec Science de septembre 2001, montrent que seulement 15 % de la population répond fortement aux suggestions qui lui sont faites. Ces personnes possèdent trois traits de personnalité spécifiques. 1) Elles sont imaginatives dans leur quotidien et visualisent facilement une scène donnée. 2) Elles possèdent une grande capacité de concentration qui leur permet de focaliser sur une seule chose, en faisant abstraction de tout ce qui se passe autour. 3) Elles sont capables de faire fi de leur sens critique et laissent place à l'imaginaire. Un autre 15 % serait réfractaire à l'hypnose. Le 70 % restant se situe entre les deux extrêmes et pourrait répondre à une intervention clinique. « L'hypnose est très efficace dans le contrôle de la douleur, la gestion du stress et de l'anxiété. »

Claude Verreault

Le Dr Claude Verreault est dentiste, hypnothérapeute et directeur de la Société québécoise d'hypnose. Il utilise l'hypnose en cabinet pour relaxer ses patients ou éviter l'anesthésie, dans les cas d'allergie, par exemple. « Il y a 35-40 ans, l'hypnose était mal vue. C'était une pratique méconnue et suspecte. Aujourd'hui, elle est reconnue dans le milieu de la santé et est de plus en plus utilisée. On enseigne l'hypnose dans les facultés de médecine et de dentisterie. » L'hypnose, c'est comme une conversation raffinée avec le cerveau. « On peut la comparer à une longueur d'onde très fine sur une radio, une bande sur le FM. C'est un accès à notre disque dur, notre subconscient. On dit au conscient de ne pas juger, de ne pas chercher à comprendre.