Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Sandra Cassell, les yeux du coeur

Émission du 15 janvier 2009

Sandra Cassell possède la simplicité des gens exceptionnels. Elle est non-voyante, mère monoparentale de trois enfants et travailleuse sociale au Centre de réadaptation MAB-Mackay, à Montréal. Une source d’inspiration pour les personnes handicapées à qui elle vient en aide.

«Quand j’ai commencé à perdre la vue, je ne pensais pas que ça serait possible de faire toutes les choses que je fais aujourd’hui, confie Sandra Cassell. Quand je me couche le soir, je suis tellement fatiguée que je ne rêve même pas!»

La vie de Sandra ressemble à celle de bien des superwomen. Lever à 5 heures, soins aux enfants, promenade du chien, petit-déjeuner et préparation des lunchs, autobus, travail puis, retour à la maison, avec la routine souper-lavage-devoirs-dodo… Et le lendemain, ça recommence!

À l’âge de 26 ans, Sandra Cassel a reçu un diagnostic de rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative de l’œil qui entraîne la cécité, et pour laquelle il n’existe aucun traitement. Si elle vit aujourd’hui au même rythme que bien des femmes, c’est parce qu’elle a fait appel à des services de réadaptation, qu’elle a su, en d’autres mots, trouver les moyens pour reprendre une vie «normale».

Comme travailleuse sociale, c’est maintenant elle qui tend la main aux autres. Le Centre de réadaptation MAB Mackay offre de nombreux services aux personnes handicapées qui ont besoin de réadaptation, par exemple pour des problèmes visuels, auditifs, et même pour des troubles de développement chez les enfants (moteur ou cognitif).

Lors d’une première rencontre, bien des clients sont étonnés d’être pris en charge par une travailleuse sociale non-voyante. L’un d’entre eux, Lucio D’Intino se demandait ce qu’une personne souffrant de la même condition que lui allait bien pouvoir faire pour l’aider.  «On a parlé des heures et, avec le temps, ça m’a changé toutes les idées que j’avais dans la tête. C’est elle qui m’a donné l’espoir, qui m’a conseillé une route à prendre.»

C’est dans la tête qu’on est beau
Pour Sandra, la mode a toujours été un plaisir. Avec l’aide de ses proches, elle continue de soigner son apparence comme si elle pouvait se voir dans le miroir, ce qui renforce son sentiment d’être une personne à part entière avant d’être une personne handicapée. «Ça me fait du bien parce que les gens regardent autre chose que mon handicap. Ils voient que je suis bien coiffée, que je suis bien habillée. Ça change le focus.»

Sandra Cassell n’a pas tout à fait renoncé à retrouver la vue un jour. On ne sait jamais ce que la science réserve… Mais elle compte tout de même sur une bonne santé, une condition physique qui lui permet de profiter pleinement de la vie.

«J’aimerais voir encore, voir mes enfants, me voir aussi! J’aimerais voir le ciel, les arbres, les fleurs, la nature, les amis… J’aimerais voir encore, c’est mon espoir. Mais je suis très contente parce que je ne suis pas malade, j’ai une bonne santé, je n’ai pas de cancer, pas de problèmes avec mes reins, ni rien…  La seule chose, c’est que j’aimerais perdre un peu de poids!» Une femme… normale, quoi!

Ressources
Centre de réadaptation MAB-MACKAY
http://www.mab.ca