Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Les contaminants dans le poisson

Émission du 29 janvier 2009

Avec tout ce que l’on entend, je me demande si le poisson est encore bon pour la santé.
CLOÉ BERTRAND, MONTRÉAL

Experte invitée : Stéphanie Côté, nutritionniste

Après avoir tant vanté les vertus nutritionnelles du poisson, on s’inquiète maintenant de la teneur en contaminants de certaines espèces. Nous sommes allés à la pêche pour avoir l’heure juste sur la question.

Surtout : continuez à manger du poisson! Cet aliment est riche en protéines, et donc très bon pour la santé. De plus, la plupart des poissons sont pauvres en gras.

D’autres poissons, comme le saumon, constituent même une excellente source de bons gras, les oméga-3 reconnus comme bénéfiques pour la santé.

 La majorité de la population ne consomme pas les deux portions par semaine recommandées dans le Guide alimentaire canadien.

Du mercure dans le poisson?
Les poissons qui posent problème quant à leur teneur en mercure ne sont généralement pas consommés sur une base régulière. Ce sont des prédateurs, comme le thon rouge, le requin, l’espadon et le marlin. En en mangeant de temps à autre, on ne s’expose pas à des taux de mercure élevés et on ne nuit pas à sa santé.

Ce qu’il faut comprendre : le mercure s’accumule tout au long de la chaîne alimentaire. Les petits poissons, qui consomment des algues ou du phytoplancton, ne renferment presque pas de mercure dans leur chair. Mais, en les consommant, les gros poissons accumulent les contaminants, un phénomène qu’on appelle une bioaccumulation. C’est pourquoi on recommande une consommation occasionnelle.

Le thon en conserve
On ne trouve pas de thon rouge dans les boîtes de conserve. Il s’agit principalement de deux autres espèces : le thon blanc et le thon pâle.

Le thon pâle ne pose aucun problème en ce qui a trait à la teneur en mercure. Quant au thon blanc, il peut contenir de faibles quantités de mercure. Cette consommation ne génère pas d’inquiétude pour la plupart des adultes en santé. Mais certaines populations sont plus à risque et doivent limiter leur consommation de thon en conserve :

- femmes enceintes et celles qui allaitent : 300g/semaine (deux boîtes de conserve)
- enfants de 5 à 11 ans : 125 g/semaine (un peu moins qu’une boîte)
- très jeunes enfants (1-4 ans) : 75 g/semaine (la moitié d’une boîte)

Le poisson d’élevage
Comment nourrit-on les poissons d’élevage? Faut-il s’en inquiéter? Dans une étude récente, des scientifiques révélaient que l’alimentation de ces poissons est généralement trop grasse. Plus encore, elle est constituée d’huiles ou de farines de poissons, ce qui soulève la controverse.

Depuis 2004, plusieurs éleveurs ont apporté des améliorations à l’alimentation de leurs poissons. Santé Canada soutient qu’il ne faut pas s’inquiéter de la situation, ni restreindre sa consommation de ce type de poisson.

Il faut aussi savoir que des études soutiennent la qualité des poissons d’élevage québécois, comme la truite arc-en-ciel et le saumon : leur taux de contaminants demeurant bien en deçà des niveaux problématiques.

Gras, le tilapia?
Le tilapia a fait récemment la manchette : manger une portion de ce poisson blanc, disait-on, équivaut à manger… un beigne! Une comparaison très réductrice! Le tilapia contient une importante quantité d’acide gras oméga-6, un gras qui ne pose problème que pour certaines personnes à risque de maladie inflammatoire. Les oméga-6 font partie d’une alimentation équilibrée et n’ont strictement rien à voir avec les gras saturés et trans! Le tilapia demeure un bien meilleur choix que plusieurs viandes grasses.

Du cholestérol dans les crevettes?
Il est vrai que les crevettes contiennent du cholestérol mais elles sont aussi très faibles en gras. Elles contiennent peu de gras saturé, même moins que le tofu! Il faut savoir que les gras saturés sont largement responsables de l’augmentation du cholestérol sanguin. De plus, les crevettes sont riches en protéines.

Les gens qui souffrent d’hypercholestérolémie devraient cependant surveiller leur consommation de crevettes.

Trucs et conseils pour manger en santé
- Respecter les recommandations sur la fréquence de consommation;
- Éviter de consommer la peau et la partie brune des poissons prédateurs; c’est là que se concentrent les contaminants.