Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Howard Steiger et les troubles de l'alimentation

Émission du 29 janvier 2009

Beaucoup de chemin a été parcouru dans le traitement de la boulimie et de l’anorexie, en partie grâce à Howard Steiger, directeur du programme des troubles de l’alimentation à l’Institut Douglas. Le psychologue est reconnu mondialement pour son travail de recherche, dont la découverte d’un lien entre le bagage génétique et l’apparition de ces troubles. Rencontre avec un visionnaire.

«Je voulais être musicien de jazz!, lance Howard Steiger. C’est comme ça que j’ai développé un intérêt pour la musicothérapie, et que le travail clinique a piqué mon intérêt. J’ai fait ‘Wow!’. En jasant avec des gens, on peut réussir à les aider!»

Le psychologue s’intéressait tout particulièrement au traitement des personnes impulsives et perfectionnistes, des traits de caractère associés aux troubles de l’alimentation. «Ces troubles-là représentent une phobie énorme; c’est une terreur constante de perdre le contrôle de son poids. C’est l’idée qu’à la minute où on va toucher la moindre calorie, on va perdre le contrôle et se perdre dans une orgie alimentaire.»

Les troubles de l’alimentation provoquent un tel mal-être qu’ils conduisent plus fréquemment à la mort que tous les autres troubles de santé mentale. Dans 5 % des cas, le malade décède des séquelles physiques de la maladie, ou se suicide. La faute à qui? Un problème individuel, familial, social?

«Il y a 20 ans, on mettait l’accent sur la pression socioculturelle; les médias, les parades de mode, bref, sur les images médiatiques de minceur comme source du trouble, raconte Howard Steiger. Cette pression contribue au risque de développement de troubles alimentaires mais, à travers nos recherches, on a vu que ce n’est pas tout le monde qui est atteint par cette pression. Ce sont des facteurs génétiques, héréditaires, qui expliquent qu’une personne soit vraiment atteinte.»

À la base, donc, une prédisposition génétique, qui affecte le fonctionnement des neurotransmetteurs responsables de l’humeur, du contrôle de l’appétit, de même que de l’impulsivité.

«Les troubles alimentaires sont clairement héréditaires et passent d’une génération à l’autre. Sinon, ils sont associés à d’autres troubles transmis à l’intérieur de la famille, comme la dépression, l’anxiété, l’abus de substances comme l’alcool.»

L’obsession de la minceur, telle que promue par tant de nos médias, n’en demeure pas moins un grave problème, d’après Howard Steiger. «Les filles qui développent un trouble alimentaire sont beaucoup plus préoccupées que les autres par les images de la mode; elles sont beaucoup plus influencées que les autres. C’est presque impossible de ne pas se sentir grosse en étant confrontée à de telles images.»

L’expertise développée par ce clinicien-chercheur à l’Institut Douglas pourrait-elle être transmise à d’autres? Howard Steiger pense qu’il reste beaucoup à faire pour mieux faire comprendre les troubles de l’alimentation, tout particulièrement en régions éloignées. La transmission des connaissances est au programme de l’Institut.

«Porter le message à l’extérieur est une partie d’un processus qui mènerait, dans l’idéal, à la disparition des troubles alimentaires… et j’espère devenir sans emploi.»
 

Ressources
Institut Douglas - Programme des troubles de l'alimentation