Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Thérèse Michaud et ses Retraités flyés

Émission du 5 mars 2009

Thérèse Michaud, une jeune retraitée de 76 ans, a fondé, il y a douze ans, le Regroupement des retraités flyés. Ce mouvement suscite beaucoup d’engouement auprès de ceux qui, comme elle, refusent de voir la retraite comme la fin de la vie active.  La retraite? Plutôt le moment de vivre d’excitants projets!

« Je travaillais dans différents projets, dont les cours de préparation à la retraite, raconte Thérèse Michaud, fondatrice du Regroupement des retraités flyés. Je les trouvais mal faits, parce qu'on n’y parlait que d’argent : placement, transfert de sous, transfert de ferme, et tout ça. Il n’était jamais question de la joie de vivre! »

Thérèse Michaud s’était promis de remédier à la situation une fois à la retraite., et de regrouper des gens allumés, motivés par toutes sortes de projets. « La retraite, c'est un moment privilégié pour faire les choses qu'on avait mises en veilleuse. Apprendre la guitare, voyager… tout ce qu'on n'a pas pu faire pendant notre vie active, parce qu’on  avait des obligations. »

Thérèse Michaud a pris sa retraite à 60 ans et s’est envolé peu après pour Israël dans le cadre d’un projet humanitaire. « La communauté juive d'Israël avait besoin de gens pour remplacer les militaires qui, après avoir consacré leur vie au service, continuaient à donner du temps à leur pays, trois semaine par année. J'ai été la première chrétienne - et Québécoise! - acceptée sur ce projet », explique fièrement Thérèse Michaud « Trois semaines dans l'armée, c'est intensif!, poursuit-elle. À six heures du matin, dans les baraques, avec l'habit militaire, à laver les planchers, les toilettes, la vaisselle, à balayer la base! C'est vraiment du boulot, mais c'est super intéressant! »

L’expérience a été pour le moins… inusitée, concède Thérèse Michaud. Elle avait envie de la partager avec d’autres retraités qui, comme elle, se considèrent encore beaucoup trop jeunes pour s’adonner au bridge. Elle a écrit une lettre à La Presse pour décrire son expérience, suscitant un abondant courrier. Quelques temps après se tenait la première rencontre de ceux qu’on allait baptiser Les Retraités flyés. Deux cents personnes enthousiastes sont au rendez-vous! 

« Flyé, pour moi ça veut dire plus que des projets très encadrés, qui existent déjà, souligne Lorraine Bouchard, une des participantes. Ça veut dire oser lancer nos propres projets. Partir en voyage organisé, pour moi, ce n’est pas très flyé! La plupart des retraités flyés veulent faire quelque chose d’un petit peu différent; aller chercher vraiment ce qui les intéresse à l’intérieur, et le mettre en action. »

Baladi plutôt que danse en ligne, bénévolat dynamique et inspiré plutôt que « visites de malades », projet humanitaire au Burkina Faso plutôt que casino de Charlevoix… Le Regroupement des retraités flyés multiplient les idées et les projets, et a fait des petits un peu partout dans la province : Rive-sud de Montréal, Rimouski, Abitibi, Lac Saint-Jean, Gatineau...  Ils sont aujourd’hui des milliers à bouder le bingo au profit de la joie de vivre et du don de soi.

Thérèse Michaud partira bientôt pour le Rwanda, un « merveilleux projet » monté par son mari. Mobilisation Enfants du monde viendra en aide aux enfants mutilés et laissés à eux-mêmes à la suite du génocide. Les Retraités flyés n’ont pas froid aux yeux…

« Je pense à ma belle marraine qui est morte à 105 ans, dit Thérèse Michaud. Elle disait : ‘ Les gens ne meurent pas de maladies; ils meurent de peur. Ils ont peur d’être malades; ils ont peur de manquer d’argent, ils ont peur de perdre… Finalement, ils meurent de peur.’ Je pense un peu ça, moi aussi. Avoir peur de tout! Mais on est là, LÀ.  On voit clair, on marche. Qu’est-ce qu’on a à avoir peur? »