Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Ghyslaine Théoret et le Garde-manger pour tous

Émission du 19 mars 2009

«Quand un enfant a faim, c’est déjà un de trop. Et il y a beaucoup d’enfants qui ont faim à Montréal», lance Ghyslaine Théorêt, directrice générale de l’organisme. Pour y remédier, le Garde-manger pour tous prépare quotidiennement quelque 2 700 repas chauds pour les enfants des écoles primaires en milieu défavorisé. L’organisme distribue aussi plus de 3 000 kilogrammes de nourriture à 24 organismes communautaires de la région de Montréal.

Fournir un bon repas équilibré aux enfants, c’est un moyen concret et efficace pour favoriser la réussite scolaire et ainsi leur donner une chance d’accéder à mieux dans le futur. «Ventre creux n’a pas d’oreille. Si on a faim, on ne peut plus écouter», rappelle Ghyslaine Théorêt.

Notaire de profession, Ghyslaine Théorêt n’a jamais connu la faim, mais avant de joindre le Garde-Manger, en 1994, son âme, elle, criait famine… «Dans la quarantaine, je me suis remise en question. Mon âme avait faim, faim de sens. Ma profession, j’en avais fait le tour. Et j’étais en colère. Une de mes connaissances m’a dit : ‘ Écoute, on connaît un petit organisme, avec de gros problèmes financiers’. À l’époque, ils pensaient fermer les portes, ils avaient besoin d’aide. Je me suis dit : ‘Plutôt que d’être en colère sur mon siège, je vais me lever debout et je vais aller voir si je peux faire quelque chose avec eux.»

La notaire entreprend les démarches, apporte son cv., rencontre le Conseil d’administration, qui voit en elle l’occasion de sortir l’organisme du pétrin. Puis, choc des cultures, une professionnelle parmi les communautaires… «Ça a été une grande, grande, grande école! Toute une thérapie, si je peux parler comme ça. Et je le souhaite à toutes les personnes qui se remettent en question, qui vivent beaucoup de colère. Moi, je pensais vraiment venir aider… Comme on peut se penser généreux et bon! Ça m’a confrontée énormément; je devais passer au travers de mes préjugés. Mais les personnes avec qui je travaillais aussi!»

«C’est toute ma vie»

Quinze ans ont passé. Le Garde-Manger se porte bien et multiplie les initiatives, dont celle de l’éducation alimentaire. Une équipe mobile se déplace dans d’autres organismes communautaires, les HLM, pour y faire la promotion de saines habitudes de vie. Le service de traiteur a même été étendu à certaines écoles dans des milieux plus aisés, ce qui donne un petit coup de pouce en argent au Garde-Manger.

«Le rêve serait de développer ce genre de services partout sur l’Île de Montréal, pour répondre à la fois au milieu défavorisé et au milieu favorisé. Tout le monde paierait un juste prix afin que nous puissions faire notre travail auprès des enfants et des parents qui ont moins de sous», souhaite Ghyslaine Théorêt.

Quand elle parle du Garde-manger, le visage de Ghyslaine Théorêt s’illumine, littéralement. De toute évidence, voilà plus qu’un simple travail, plutôt une vocation, voire une mission.

«Cette démarche, c’est toute ma vie, confie-t-elle. Ça me fait faire un développement intérieur magnifique, et c’est ce dont je suis vraiment contente. C’est magnifique. Je suis heureuse.»
 

Ressources
Garde-manger pour tous