Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Marc Hébert, pionnier en luminothérapie

Émission du 24 septembre 2009

Pour remettre nos horloges biologiques à l’heure et combattre la dépression saisonnière, la luminothérapie a fait ses preuves.

Marc Hébert, chercheur en neurobiologie au Centre de recherche Robert Giffard, à Québec, est un pionnier dans ce domaine. Il travaille à la mise au point de deux nouveaux appareils qui pourraient aider de nombreux travailleurs de nuit.

«À l’époque, on parlait de ‘déprime hivernale’; les gens ne croyaient pas vraiment que ça existait ces choses-là. C’était un peu dans la tête; c’était psychologique», raconte Marc Hébert.

En 2002, le chercheur réussit tout de même à obtenir une subvention de l’Institut de recherche en santé du Canada. « Mais c’était presque clairement dit : ‘Oui, oui, on vous l’accorde, mais on ne croit pas trop à ce que vous faites’! »

Aujourd’hui, plus de 1000 recherches ont démontré l’efficacité de la luminothérapie pour la dépression saisonnière. Les effets de la lumière sur la chimie du cerveau sont largement documentés, et même mesurables. Marc Hébert et son équipe utilisent l’électrorétinographie, une technique qui mesure l’activité des yeux.
«Les yeux sont un miroir du cerveau, explique le chercheur. Tous les neurotransmetteurs hormonaux peuvent avoir un impact sur l’œil, et il est beaucoup plus facile de mesurer l’œil que le cerveau.»

Luminothérapie portable

Marc Hébert et son équipe travaillent à la mise au point de deux appareils portatifs de luminothérapie, des appareils qui pourraient grandement venir en aide aux travailleurs de nuit. Un premier appareil, inséré à l’intérieur d’un casque de construction, diffuse une lumière bleue, de façon à stimuler l’horloge biologique durant la nuit, c'est-à-dire au moment où la vigilance du travailleur est à son plus bas niveau. Résultat : une meilleure productivité et un risque moindre d’accidents de travail.
Le second appareil fait exactement l’inverse; une lunette dotée d’une lentille spéciale bloque la lumière bleue du soleil, empêchant le travailleur de «trop» se réveiller au moment du coucher. Les autres couleurs du spectre lumineux demeurent perceptibles; le travailleur peut donc continuer à bien fonctionner et, par exemple, prendre sa voiture pour retourner chez lui.
Les mesures ont révélées que les travailleurs qui ont testé l’appareil dormaient en moyenne 34 minutes de plus que les autres (port de l’appareil pendant une vingtaine de minutes par jour, soit l’équivalent du trajet de retour à la maison).
«On savait que ça allait fonctionner, remarque Marc Hébert. Du point de vue biologique, c’était supposé fonctionner. Mais quand ce sont les travailleurs eux-mêmes qui te le disent… Ce n’est pas pour te faire plaisir! Même qu’avant, souvent, ils disent : ‘Tes petites bébelles de lumière, là… Pas trop sûr que ça va marcher, ton affaire!’ Alors quand ils sont enthousiastes, c’est vraiment encourageant.»

Les recherches en chronobiologie se révèlent prometteuses. Il reste beaucoup à découvrir, à inventer. La science de la lumière rejoint d’autres disciplines, dont celle de l’architecture. Un nouveau programme de recherche intégrera ces deux dimensions, dans l’objectif d’améliorer les conditions de travail de monsieur-et-madame tout-le-monde. Fenêtres, vitraux, filtres : comment jouer avec la lumière du soleil pour stimuler la personne au travail?
Pour Marc Hébert, c’est même un peu renouer avec un rêve d’enfance : «Depuis que j’ai 5 ans je rêve de devenir architecte! Alors c’est comme fermer une sorte de boucle! Chaque jour, on découvre des choses. C’est la nouveauté. Et on ne sait pas où elle va nous orienter.»

L’horloge biologique, c’est le chef d’orchestre

L’horloge biologique contrôle les rythmes circadiens; c’est elle qui est responsable de notre horaire quotidien. Elle indique à quel moment dormir, manger, être plus ou moins actif, etc.
Elle se synchronise naturellement avec l’environnement, grâce à la lumière du soleil (et, plus précisément du spectre «bleu»). L’importante baisse de luminosité qui se produit pendant l’hiver dans les pays nordiques est à l’origine de la dépression saisonnière. Ce trouble, aujourd’hui reconnu par les autorités médicales, se traite notamment par la luminothérapie, c.-à-d. l’exposition quotidienne, pendant ½ h à 1 h, à une lumière de haute intensité.

La chronobiologie est l’étude de l’horloge biologique humaine.

Ressources

Les lunettes sont vendues en magasin à l'adresse suivante :

La cité de l'Optique
Place de la Cité
2600 boulevard Laurier
Sainte-Foy
Québec, QC G1V 4T3

418-656-9389

http://www.citedeloptique.ca