Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Acide folique

Émission du 15 octobre 2009

«J’aimerais tomber enceinte bientôt. Devrais commencer à prendre de l’acide folique dès maintenant ?»

Expert invité : JEAN-LOUIS BRAZIER, PHARMACOLOGUE

Vitamine B comme dans «Bonne pour bébé»

Aussi connue sous les noms de vitamine B9, folate ou folacine, l’acide folique est indispensable au développement et à la régénération cellulaire. C’est pourquoi l’acide folique est très important pendant la grossesse, surtout au début, alors qu’il se produit une multiplication exponentielle des cellules pour créer ce nouvel être humain.
Un déficit en acide folique augmente les risques de malformations du système nerveux central, ce qu’on appelle les anomalies du tube neural (le système nerveux primitif de l’embryon).
Parmi ces anomalies, il y a des anencéphalies, des malformations d’une partie du cerveau, et le fameux spina bifida, une malformation au niveau de la moelle épinière (les vertèbres ne recouvrent alors qu’une partie de la moelle).

Avant et après la conception

Des études menées auprès de centaines de milliers de femmes ont démontré l’efficacité de l’acide folique dans la prévention des malformations congénitales (anomalies du tube neural, mais aussi malformations cardiaques).
Les autorités médicales recommandent donc de prendre des suppléments d’acide folique non seulement pendant la grossesse, mais avant la conception, à raison de 0,4 mg par jour jusqu’à deux mois avant la date prévue de conception. On poursuit cette supplémentation pour un autre deux mois après la conception, une période critique pour le développement de l’embryon. Les anomalies se produisent généralement entre le 20e et le 28e jour.

Des légumes verts et des pâtes… pour tous

L’acide folique est présent dans plusieurs types d’aliments : dans les légumes verts – épinards, choux de Bruxelles, brocolis, etc. – mais aussi dans les betteraves rouges, les germes de blé et même le foie.
On en trouve également dans certains produits céréaliers, comme la farine et les pâtes alimentaires. Depuis 1998, au Canada, l’industrie agro-alimentaire a l’obligation d’ajouter de l’acide folique dans certains aliments, notamment : 0,15 mg par 100 g de farine blanche et 0,20 mg par 100 g de pâtes enrichies.
Une mesure qui profite à tous, pas seulement aux femmes enceintes! L’acide folique est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme.
Un déficit en acide folique augmente le risque de maladies cardiovasculaires et de certains cancers, particulièrement celui du côlon, du sein, de l’utérus.

Un danger d’overdose?

Une étude torontoise récente a semé le doute sur l’innocuité (sécurité) de l’acide folique. Dans le cadre de cette recherche, on a injecté des doses massives d’acide folique à des souris de laboratoire afin d’observer l’activation, ou non, de certains gènes impliqués dans l’apparition du cancer. Mot à retenir : dose massive. Les souris recevaient l’équivalent d’une dose… humaine.
Plusieurs recherches ont démontré que l’acide folique, même à une dose 25 fois supérieure à l’apport quotidien recommandé, n’entraînait aucun risque pour la santé.
L’acide folique est une vitamine hydrosoluble; en d’autres mots, soluble dans l’eau. Elle ne s’accumule donc pas dans l’organisme; en cas de surplus, elle s’élimine tout simplement par les urines.