Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Sean Marckos, producteur et réalisateur

Émission du 15 octobre 2009

«En Argentine, je me souviens de cinémas très ‘antiques’, souvent dans de très vieilles églises, raconte Sean Marckos. Ça a été mon culte à moi, ma religion à moi, de voir des films. J’ai su tout de suite que c’est ce que je voulais faire dans la vie.»

Sean Marckos est né au Québec, mais il vivra la plus grande partie de son enfance en Argentine, pays d’origine de ses parents. C’est là-bas, à l’âge de deux ans, que tombe le diagnostic de dystrophie musculaire. Une maladie grave, qui tue parfois dès la vingtaine. Sean est chanceux dans sa malchance; la maladie s’est stabilisée dans une phase intermédiaire, et il peut espérer vivre jusqu’à 60 ou 70 ans.

Pour lui offrir les soins nécessaires et de meilleures chances de survie, la famille décide de revenir au Canada. Commence alors une grande bataille pour l’intégration… Sean Marckos, alors âgé de onze ans, refuse de fréquenter une école spécialisée pour les personnes handicapées. Sa mère doit se battre pour l’inscrire dans une école ordinaire, une des premières écoles de Montréal qui s’est s’adaptée à la réalité des personnes handicapées.
«On ne peut pas s’intégrer dans la société si on est seulement avec des gens handicapés, pense le jeune cinéaste. Il faut fréquenter des ‘gens de tous les jours’ pour nous pousser à se dépasser.»

De l’autre côté

Sean Marckos réalise son premier film, une fiction fantastique, en 45 jours, avec un budget d’à peine 10 000 $. «Ça a été une grosse odyssée, raconte-t-il. On s’attaquait à quelque chose qui, habituellement, demande des milliers sinon des millions de dollars. Finalement, après deux ans de développement et d’apprentissage, on a réussi à finir le film et à l’envoyer dans des festivals internationaux.».

«De l’autre côté» est présenté dans plus de 19 festivals internationaux et remporte plusieurs prix, dont celui de Meilleur film international à Hawaï et de Meilleur acteur à Calgary. Le jeune cinéaste envoie sa candidature à Cannes. Il est accepté, y fait des rencontres extraordinaires... mais est privé de tapis rouge! «On ne voulait pas avoir une image comme celle-ci sur le tapis rouge à côté de gens comme Brad Pitt et Angelina Jolie», dénonce Sean Marckos, pointant son fauteuil roulant.

De retour à Montréal, le cinéaste se lance dans la production d’un documentaire sur la discrimination, qui prend parfois une forme obtuse, comme celle de mettre en marge pour des raisons… d’image. Avec ce film, qui est toujours en production, Sean Marckos espère provoquer un changement de mentalité et «montrer aux autres que ‘Quand on veut, on peut’».

«Le métier que je fais, c’est le plus beau métier au monde, affirme le jeune cinéaste. C’est le seul métier au monde qui me permet, d’une certaine manière, de vivre Mille et une nuits... Alors, ce n’est pas demain que je vais abandonner, ça, c’est sûr.»

Ressources