Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Tests médicaux sur les souris

Émission du 29 octobre 2009

D’après une récente étude scientifique, la caféine pourrait aider à combattre certains symptômes de la maladie d’Alzheimer… chez les souris. Les souris? Pourquoi donc les chercheurs utilisent-ils presque toujours ces petites bêtes ?

Expert consulté : Dr Jean-Pierre Julien, professeur à la faculté de médecine de l’Université Laval.

La souris se reproduit très rapidement et… généreusement : elle donne bas à 7 à 10 petits à la fois. Grâce aux techniques modernes de reproduction - croisements et manipulations génétiques -, on produit des lignées de souris « pures », génétiquement identiques, presque des clones. On peut donc observer objectivement les effets d’un traitement sur un individu.

La souris est une petite bête qui ne coûte pas cher; elle mange peu et occupe un minimum d’espace. Elle fait figure de véritable aubaine au palmarès des animaux de laboratoire. Une souris coûte 9 dollars; un lapin, 75; un cochon, 500; un singe… 6 000!

Mais peut-on vraiment comparer ce rongeur à un être humain? Jusqu’à un certain point, oui. La souris et l’homme partagent 90 % de leur bagage génétique. Ce sont des mammifères à sang chaud, avec un foie, un pancréas, des intestins, etc. La souris fabrique des hormones qui s’apparentent aux nôtres. Bref, nos métabolismes respectifs sont suffisamment semblables pour qu’on puisse tenter la comparaison. Jusqu’à penser qu’une souris peut souffrir d’Alzheimer?

Afin d’étudier les effets de la caféine sur les symptômes de l’Alzheimer, on a créé une lignée de souris qui souffrent de problèmes de mémoire. De la même manière qu’on créé des souris qui souffrent d’obésité ou de diabète, ou qui développeront une forme ou l’autre de cancers. Il existe plus de 4000 espèces de souris de laboratoire.

Les souris ayant consommé de la caféine semblent donc avoir amélioré leurs performances cognitives. Mais peut-on extrapoler ces résultats à l’homme? Jusqu’à quel point peut-on se réjouir lorsque les résultats d’études effectués sur les animaux sont concluants?

90% des études qui semblent prometteuses sur les souris n’aboutissent… à rien. Quand on répète l’expérience sur des humains, on trouve souvent des effets secondaires inattendus. Le dosage, pour être efficace, devient toxique. Quand les résultats paraissent concluants, il peut s’écouler de nombreuses années, jusqu’à 20 ans dans certains cas, avant qu’un produit ne soit lancé sur le marché.

En deux mots : ce sont donc des nouvelles à prendre avec beaucoup de réserve.

Source : http://www.actualites-news-environnement.com/21022-cafeine-maladie-alzheimer.html