Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Les isotopes en médecine

Émission du 12 novembre 2009

«On entend beaucoup parler de la pénurie des isotopes dans les hôpitaux. C'est quoi au juste un isotope?»

Expert invité : Dr François Lamoureux, spécialiste en médecine nucléaire, hôpital Santa Cabrini

En mai 2009, la fermeture du réacteur nucléaire de Chalk River, en Ontario, a suscité beaucoup d’inquiétude. Chalk River produit le tiers des isotopes médicaux dans le monde. On estime que les isotopes sont utilisés dans 24 000 tests diagnostics effectués chaque semaine au Canada.

Un délateur aux usages multiples

L’isotope est utilisé en imagerie médicale nucléaire pour le diagnostic de plusieurs maladies, dont le cancer (cancer primaire du sein, du colon, du poumon, de la prostate) et certaines maladies cardiovasculaires, comme l’angine. On utilise généralement le technétium, un marqueur universel fabriqué à partir d’un produit radioactif provenant d’un réacteur nucléaire comme celui de Chalk River.
L’isotope agit comme un marqueur. Introduit à l’intérieur du corps humain, il émet un signal (rayons gamma) qui passe à travers les muscles et la peau pour être ensuite capté par une caméra externe, laquelle en reproduit l’image sur écran. Cette image permet de connaître l’étendue d’une tumeur, et même d’en déceler la formation, ce qui permettra de définir avec plus de justesse le traitement nécessaire.

Choisir le bon «véhicule»

Pour agir efficacement, l’isotope doit pouvoir «espionner» la bonne cible, c’est-à-dire révéler uniquement la partie du corps humain soupçonnée d’héberger la maladie. Il faut donc que l’isotope se rende à l’endroit voulu du corps du patient, et distingue l’organe visé des autres. Pour ce faire, on utilise un «véhicule»; on mélange l’isotope à un support chimique. Par exemple, pour examiner le cerveau, qui se «nourrit» d’oxygène et de sucre, on ajoutera du glucose au technétium. L’isotope ira se loger automatiquement au bon endroit. Pour étudier les os, on utilisera du phosphate, un élément constituant de la structure osseuse.

Une technologie sécuritaire et efficace

Les isotopes agissent de façon très précise; ils permettent de détecter les lésions dès leur formation, donc avant l’apparition comme telle de la pathologie. Il peut s’écouler des mois et des années avant que la maladie soit apparente sur une image radiologique; la maladie peut donc avoir causé des dommages irréversibles avant même d’avoir été diagnostiquée. La technologie de diagnostic par isotopes constitue donc un outil de prévention particulièrement efficace.

Des solutions de rechange

On ne prévoit pas rouvrir le réacteur de Chalk River avant 2010; on a donc dû trouver des alternatives aux isotopes médicaux pour procéder aux diagnostics.

Au Québec, des mesures ont été mises en place dès l’annonce de la fermeture de la centrale de Chalk River. On a, notamment, réintroduit d’anciens produits, tels le thalium, pour détecter les maladies cardiaques, ainsi que la tomographie par positrons.
On a également réduit les doses de technicium utilisées lors des examens, afin d’utiliser de façon optimale les livraisons sporadiques du précieux produit. Les heures d’ouverture des laboratoires d’analyse ont aussi été prolongées afin d’accélérer les procédures.