Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Mélanie L'Écuyer, maman débrouillarde

Émission du 12 novembre 2009

Vous souvenez-vous de Mélanie L’Écuyer ? En février 2005, nous l’avions rencontrée lors d’un reportage sur la pauvreté et la santé. Cette jeune maman nous avait impressionnés par sa débrouillardise. Pour bien nourrir sa famille et boucler un tout petit budget, elle n’hésitait pas à monter sur son vélo en plein hiver pour aller faire une tournée de courses ! Depuis, elle a quitté Hochelaga-Maisonneuve pour s’installer à la campagne. Elle a accepté de nous parler du chemin parcouru et de sa nouvelle vie.

«Je souhaitais changer de milieu de vie parce que, en plein cœur d’une ville, ce n’est pas un milieu adéquat pour élever des enfants, raconte Mélanie. C’est faisable, mais ce n’est pas l’idéal. Donc, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai quitté la ville pour la campagne.»
Mélanie a traversé une période d’adaptation à la suite de son déménagement, et a dû vivre certains deuils, comme celui d’abandonner son cher vélo au profit d’une automobile. Mais les avantages l’emportent clairement sur le reste : Mélanie et sa famille, qui s’est agrandie récemment avec l’arrivée d’une petite fille, profitent d’une bien meilleure qualité de vie qu’auparavant, même si ses revenus n’ont pas changé.
«À la campagne, on peut faire beaucoup plus avec les mêmes moyens, affirme-t-elle. J’habite dans une superbe petite maison et ça me coûte moins cher que le prix d’un petit logement à Montréal dans un quartier défavorisé !»
Avec les économies réalisées, Mélanie paie la voiture mais elle peut aussi, pour la première fois depuis bien longtemps, s’offrir des petits plaisirs. Et elle n’a pas renoncé à bien nourrir les siens, bien au contraire! «À la campagne, pour continuer de donner une bonne alimentation à mes enfants, je dois aller encore plus loin, mais c’est possible : il faut y aller stratégiquement.»
Mélanie s’approvisionne en fruits séchés, légumineuses et autres denrées sèches dans une coopérative d’alimentation à Sherbrooke. Elle a aussi découvert une meulerie biologique, où elle fait le plein de farine de qualité à prix avantageux. Et la charcuterie artisanale d’un village voisin lui offre viande et légumes frais. Faire les courses a encore des allures de petit marathon ! «Ça demande de l’énergie mais de l’énergie, on en a!, rétorque Mélanie. Il faut savoir la mettre au bon endroit et moi, j’ai choisi de la mettre à cet endroit-là.»
La jeune maman fabrique elle-même une bonne partie des aliments consommés; elle fait son pain, jardine et met en conserve fruits et légumes en prévision de la saison froide. Elle fait beaucoup avec peu; une alimentation de qualité à moindre coût.

Respirer l’air pur…

À Montréal, le logement de Mélanie présentait un grave problème de moisissures. Le quartier offrait peu d’espaces verts. La qualité de l’air laissait à désirer. Résultat ? Les enfants étaient fréquemment malades. Aujourd’hui, ils jouissent d’une bien meilleure santé. «On a eu quelques épisodes de rhume comme tout le monde, mais depuis qu’on est ici, on est mieux, ‘mentalement’. On est plus calmes; on a plus d’anticorps, et on est donc moins malades. Côté santé, on est beaucoup mieux à la campagne.»

L’intérêt de Mélanie pour la santé et le bien-être ne s’arrête pas aux portes de son foyer : elle est aussi engagée dans le mieux-être de son environnement et de sa communauté. «Je m’investis, je fais beaucoup de bénévolat à l’école, avec les enfants, je m’investis aussi au niveau de mon village : il y a un beau local des jeunes où je fais de la présence la fin de semaine.»

Encore aujourd’hui, Mélanie reçoit des prestations d’aide sociale, mais elle ne vit plus avec le sentiment d’y être piégée à vie. Elle prévoit atteindre sa pleine autonomie dans quelques années et, pour ce faire, débutera bientôt une formation spécialisée en aménagement paysager. «J’y vais tranquillement, mais sûrement. Avec des petits contrats à gauche et à droite, on s’en sort de mieux en mieux. Je commence l’école bientôt et j’ai très hâte. Je suis très fébrile. Ce sera la fin du règne de l’aide sociale.»

D’après les données de Statistique Canada, une famille de 4 personnes a besoin d’un revenu minimal de 22 000 $ par année pour atteindre un niveau de vie acceptable, à la campagne. En ville, ce seuil a été fixé à 33 000 $.