Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Économie et santé

Émission du 12 novembre 2009

D’après la littérature scientifique, Mélanie L’Écuyer a pris une excellente décision en quittant la ville pour la campagne. À la fin du mois, elle se retrouve avec pas mal plus d’argent dans ses poches, un facteur déterminant pour la santé !

D’après Santé Canada, le niveau de revenu et le statut social constituent le premier déterminant de la santé. Pas très loin derrière, on trouve l’éducation et le réseau social. Et le système de santé, souvent blâmé, arrive au 10e rang. En clair? Plus on est riche, plus on a de chances d’être en bonne santé. L’espérance de vie des gens qui habitent à Westmount et à Outremont est de 10 ans supérieure à celle des gens du Centre-Sud.

Que dire alors d’un pays riche comme les États-Unis dont la population est aussi mal en point ? Le chercheur Stephen Bezrushka, de l’Université de Seattle, s’est intéressé de près à la question. Ses travaux indiquent qu’au-delà du niveau de revenu par habitant d’un pays donné, au-delà du PIB., c’est plutôt la distribution équitable de la richesse qui a des répercussions sur la santé de la population. Aux États-Unis, avec le meilleur revenu per capita au monde, l’espérance de vie est plus courte (78 ans) que pour la plupart des pays riches (toujours au-dessus de 80 ans) et même que Cuba où l’espérance de vie est aussi de 78 ans et où la richesse est répartie de façon plus égalitaire.

Comme les crises économiques entraînent un appauvrissement de la population, doit-on s’attendre à une diminution de l’espérance de vie ? Selon Bezrushka, non. Au cours du vingtième siècle, l’espérance de vie a augmenté progressivement dans tous les pays industrialisés. Et en période de récession, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la situation continuait de s’améliorer, et le taux de mortalité baissait ! Explication ? Les gens se serrent la ceinture; ils fument moins, mangent moins et boivent moins et voient davantage leurs familles et leurs amis

On aura réussi, somme toute, à trouver un effet positif à la récession : elle nous aide à vivre plus longtemps !

Le Canada consacre 9,5 % de son PIB à la santé pour une espérance de vie de 81 ans.

Sources

Stephen Bezruchka, département des services de santé et de la santé globale de l’École de santé publique de l’Université de Washington à Seattle.
http://www.cmaj.ca/cgi/content/full/164/12/1701