Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Louis Dionne, vidéaste et créateur de la Veille Électronique

Émission du 26 novembre 2009

Louis Dionne, vidéaste, a fondé la Veille Électronique, un lieu d’expression pour aborder un sujet difficile : le sida. Armé de sa caméra, l’artiste, qui est lui-même atteint par la maladie, recueille des témoignages bouleversants... pour que jamais on n’oublie.

«Quand j’ai appris que j’étais séropositif, j’ai vécu un choc émotif intense, comme jamais dans ma vie», confie Louis Dionne. Je me suis rendu compte que je pouvais mourir dans un an et demi, deux ans, peut-être dans cinq ou dix ans, si j’étais chanceux. À ce moment-là, il n’y avait pas vraiment de médicaments efficaces. Moi, ça m’a donné un bon coup de pied dans le cul ou une bonne claque dans la face… et j’ai voulu en faire quelque chose de positif.»

Deux ans après le diagnostic, en 1996, Louis Dionne créé la Veille Électronique et plante sa caméra en pleine ville pour interviewer les passants sur l’impact du VIH dans leur vie, qu’ils soient séropositifs ou pas. «Les gens mourraient en grand nombre et il y avait peu de lieux d’expression de la souffrance. C’est parti de la mort, du deuil et de la nécessité de saluer les amis disparus.»
L’exposition du vidéaste rassemble une collection de témoignages vidéo encapsulés dans des fleurs géantes dites «techno-fleurs», dont les pétales sont formés de… chaussures. À travers son art, Louis Dionne a fait pousser un drôle de jardin ! «La techno-fleur est le moyen de communication, l’interface entre les gens, explique-t-il. Et les souliers symbolisent les chemins, les choix que l’on fait, les différentes identités touchées par le VIH parce que, dans le fond, le VIH ça touche tout le monde.»
Cette expérience participative, qui combine l’écoute et l’expression, a pris place pour une 4e édition en septembre dernier au Parc de l’Espoir, entre les rues Sainte-Catherine et Panet, à Montréal, un lieu dédié à la mémoire des personnes décédées du VIH.

La Veille Électronique compte actuellement plus de 200 témoignages, une forme d’«intimité collective» qui propose une réflexion sur le sida au quotidien. «Quand on tourne, le temps devient super important. Il y a une présence. La caméra insiste sur le moment présent», souligne le vidéaste.
Le sida tue beaucoup moins qu’auparavant, mais le taux de contamination continue de grimper, particulièrement chez les jeunes. Le monde se divise entre séropositifs et non-séropositifs, constate Louis Dionne. «Le problème n’est plus tellement médical, mais au niveau social. On sent tout le rejet, un isolement extrême dont les gens ne prennent généralement pas conscience.»
La Veille Électronique peut aider à sensibiliser à cette réalité. «La société doit écouter la souffrance des gens, plaide l’artiste. On peut souffrir du VIH, mais aussi souffrir parce qu’on est suicidaire et qu’on a tenté de mettre fin à ses jours. Il faut un lieu d’expression de cette souffrance.»

La Veille électronique
http://www.veilleelectronique.com/