Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Aliments bio

Émission du 3 décembre 2009

«Manger bio, est-ce meilleur pour la santé ?»

Expert invité : Stéphanie Côté, nutritionniste, extenso

Pas de différence significative

Les aliments biologiques sont de plus en plus populaires, mais sont-ils vraiment meilleurs pour la santé ? De nombreuses études scientifiques ont été effectuées sur ce sujet, et leurs résultats sont contradictoires. Si on se fie à l’ensemble de la littérature scientifique, on peut supposer qu’il n’y a pas de différence significative entre les fruits et légumes biologiques et conventionnels quant à leur valeur nutritionnelle.

Mais plus riches en vitamines !

Plusieurs recherches ont cependant démontré que les fruits et légumes biologiques affichent, généralement, une teneur légèrement supérieure en vitamines et minéraux. La différence est minime, de l’ordre de quelques milligrammes, et n’a donc à peu près aucun impact sur la santé. Exemple concret : une teneur supérieure en vitamine C. Dans la population en général, les carences sont rares ; il n’y a rien de plus facile, en effet, que de boire un grand verre de jus d’orange pour combler ses besoins ! De ce point de vue, les quelques milligrammes supplémentaires du fruit biologique sont donc peu «utiles».

Et les pesticides ?

Même les aliments biologiques peuvent contenir des quantités infinitésimales de certains contaminants, tout simplement parce qu’ils sont présents dans notre environnement. Cependant, les méthodes d’agriculture biologiques interdisent l’utilisation de pesticides et d’autres engrais chimiques. Un cadre réglementaire rigoureux encadre cette forme d’agriculture pour qu’elle soit plus respectueuse de l’environnement, de la tradition.
Les aliments conventionnels contiennent des résidus de pesticides, des « traces ». Les agences d’inspection des aliments s’assurent, par des analyses en laboratoire, que les concentrations de ces résidus se situent en deçà des niveaux jugés sécuritaires pour la santé.

Une question de fraîcheur

La valeur nutritionnelle d’un fruit ou d’un légume dépend de plusieurs critères : variété de cultivar; qualité de la terre; degré de mûrissement; conditions d’entreposage et de transport, etc. Ce qu’il faut savoir : plus un fruit ou un légume est frais, plus sa teneur en vitamines est élevée. Pour profiter des bienfaits des antioxydants, il faut donc chercher à réduire l’intervalle de temps entre la récolte et la consommation. D’où l’idée de manger «local» (dans la mesure, bien sûr, où les produits n’ont pas passé des mois au fond d’un entrepôt !)

Viande sans hormones

Qu’elles soient biologiques ou conventionnelles, les viandes destinées à la consommation ne contiennent aucune hormone. Cette pratique est interdite au Canada. L’usage d’antibiotiques, pour traiter des animaux malades, est permis. Mais cette pratique est strictement encadrée; un important délai doit être respecté entre le traitement et l’abattage.
Peu d’études ont comparé la valeur nutritionnelle des viandes bios et conventionnelles. Pour l’instant, manger de la viande bio relève donc plus d’une question de philosophie, de choix de consommation.

Payer plus pour l’environnement

Les aliments bio coûtent généralement plus cher que les aliments conventionnels. Pourquoi payer plus s’ils ne sont pas meilleurs pour la santé? Parce qu’ils goûtent meilleur ? Encore une fois, rien ne le prouve ! Les études comparatives indiquent que l’appréciation du goût varie plutôt en fonction de la variété, du degré de mûrissement et de la fraîcheur du produit.
Mais on peut choisir de manger bio pour des raisons environnementales; ce type d’agriculture est, de loin, plus respectueuse de la santé de la planète !