Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Ève-Karyne Monette

Émission du 14 janvier 2010

Il y a deux ans, Ève-Karyne Monette, mère célibataire, nous avait expliqué pourquoi elle entendait recourir à l’insémination artificielle pour avoir un deuxième enfant. Aujourd’hui, elle nous raconte le chemin parcouru depuis la naissance de Jonathan.

«Jonathan c’est un petit cadeau du ciel, confie Ève-Karyne Monette. En hébreu, Jonathan signifie ‘don de Dieu’. Et c’est réellement ce qu’il est. C’est un petit garçon intelligent, affectueux, drôle. Jonathan, je n’aurais pas pu m’imaginer vivre sans lui.»

Jonathan a aujourd’hui deux ans, et comme tous les bambins de son âge, c’est une petite boule d’énergie, tel que le qualifie sa mère. «Il est simplement tout à fait en santé, souligne-t-elle. Il montre qu’il est là! Il ne veut pas que j’oublie que j’ai décidé, volontairement, de l’avoir. Comme s’il disait : ‘Hé, maman, je bouge, je suis là, j’existe !’.»

Ève-Karyne Monette était déjà mère d’un garçon de 10 ans, Jérémy, lorsqu’elle a décidé d’avoir un deuxième enfant par insémination artificielle. Une initiative qui n’enthousiasmait pas beaucoup fiston… «Il y a eu une bonne adaptation, reconnaît Ève-Karyne. Il avait peur, il n’était pas vraiment emballé. Ça lui a pris trois mois avant d’appeler Jonathan par son nom. Il disait : ‘TON bébé, maman, il pleure; TON bébé a faim. Ce n’était pas son frère, ce n’était pas Jonathan. Puis, tranquillement, il l’a apprivoisé. Aujourd’hui, comme moi, je pense qu’il serait incapable d’imaginer sa vie sans son petit frère.»
Facile de le croire lorsqu’on les voit ensemble; le visage de l’un et de l’autre rayonne… «Être grand frère, c’est le fun parce que je peux partager mes valeurs, témoigne Jérémy, maintenant âgé de 13 ans. Je peux lui apprendre à faire des choses : le hockey sur table, le patin. C’est moi qui joue le rôle du père pour faire des activités avec lui !»

Grand-mamie et grand-papi n’approuvaient pas non plus le projet de leur fille, bien qu’ils dorlotent maintenant leur nouveau petit-fils. «J’aurais souhaité ce qu’on voit dans les films, admet Nicole Brisebois, la mère de Ève-Karyne. Ce que tout le monde souhaite : l’amour, quelqu’un qui est là pour t’épauler, quelqu’un à qui te confier, quelqu'un avec qui partager le bonheur d’avoir des enfants.»

Papa est loin, loin, loin…

Ève-Karyne Monette a choisi de faire appel à une banque de sperme offrant un service de dons non anonymes. Ainsi, la mère a accès à certaines informations concernant le donneur et l’enfant, à sa majorité, obtiendra un dossier étoffé concernant ses origines. Jonathan pourra peut-être même rencontrer son père biologique.
«Je sais qu’il est d’origine européenne, mais je ne sais pas s’il habite aux États-Unis ou au Canada, raconte Ève-Karyne. Ce sont surtout des informations de type physique, dont l’historique de maladies. Mais il y a aussi son histoire parentale; de quoi ont l’air ses frères et sœurs, ce qu’ils font, leurs goûts, etc.»
«J’avais envie de pouvoir transmettre à mon enfant un minimum de son histoire, poursuit Ève-Marie. Il y a des hommes signifiants autour de lui, mais pas de papa. Il comprend qu’il a un papa, mais qu’il est loin, loin. Au fur et à mesure qu’il va grandir, l’histoire évoluera. J’ai l’intention d’être très honnête avec lui; éventuellement, il saura tout.»

Ève-Karyne est entrée en contact avec des mamans et des familles qui ont eu un enfant, parfois deux, de ce même donneur. «Pour moi, ce ne sont pas des demi-frères ou des demi-sœurs; ils ne se connaissent pas. Mais c’est quand même un lien intéressant à faire avec mon enfant.» Et peut-être un élément de plus pour se sentir moins… marginale ?

«Notre famille est différente de celle du voisin d’en face, de la moyenne des gens. Mais marginale, non. Parce que maintenant, ça n’existe plus, la normale. Le père, la mère, les deux enfants et le chien. La normale, c’est plein de choses : un homme seul qui adopte; deux femmes ensemble qui se font inséminer; des familles reconstituées. Je ne peux pas dire que je suis marginale. Je suis différente et ça, ça me va. J’aime bien être différente des autres.»

Le don non anonyme

Beaucoup d’enfants nés de l’insémination artificielle recherchent leur père biologique lorsqu’ils atteignent la majorité. La connaissance de ses origines semble une composante fondamentale de l’identité humaine.
Pour répondre à ce besoin, certaines banques de sperme permettent maintenant le don «non anonyme». Les enfants ont donc accès à un dossier comportant plusieurs informations sur leur héritage génétique, et mêmes certaines caractéristiques personnelles du donneur, voire de la famille de ce dernier. Cependant, il n’y a aucune obligation de rencontre de la part du donneur.

Trois banques de sperme sont accréditées par Santé Canada, dont deux offrent le don non anonyme.

Ressources

Forum de discussion pour les femmes célibataires qui veulent être mères :

http://iadfemmesseules.quickbb.net