Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Grossesse et médicaments

Émission du 7 janvier 2010

Tout le monde a été marqué par les enfants de la thalidomide dans les années 1960. La thalidomide est un médicament qu’on donnait aux femmes enceintes pour soulager les nausées et qui a causé de graves malformations chez les nouveaux-nés. Un fait impensable aujourd’hui ?

D’après l’étude d’une épidémiologiste montréalaise (Anick Bérard, Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal), environ la moitié des femmes enceintes québécoises consomment au moins un médicament pendant leur grossesse. Dans 6 % des cas, il s’agit d’un médicament qui peut s’avérer dommageable pour le fœtus.
Or, chaque année, au Québec, environ 2000 enfants naissent avec des anomalies congénitales qui auraient pu «être évitées» (les études de ce type comportent un certain degré d’incertitude; ce scénario est donc sans doute «le pire possible»).
La prise de certains médicaments pendant la grossesse est inoffensive; c’est notamment le cas de l’acétaminophène (Tylenol), de la pénicilline, des gravols, etc. À l’autre extrême, plusieurs traitements peuvent être très dangereux pour l’enfant à naître; certains antibiotiques, comme les sulfas; l’accutane, prescrit contre l’acné; ou encore des médicaments visant à contrôler l’épilepsie. Entre les deux : une immense zone grise. Les effets de centaines de médicaments sur le développement du foetus sont tout simplement inconnus.

Comment expliquer que certaines femmes enceintes prennent des médicaments qui peuvent être dangereux ?

Dans certains cas, la consommation du médicament a précédé une grossesse non planifiée. Il peut donc s’écouler quelques semaines avant l’arrêt du traitement.
Dans d’autres cas, c’est la santé de la mère qui est en jeu. Il n’est pas toujours possible de cesser la médication lorsqu’il s’agit d’une maladie chronique, telle que le diabète, l’hypertension artérielle ou l’épilepsie.
L’étude souligne également le fait que de nombreux médecins manquent d’informations à ce sujet. Les médicaments sont testés auprès de groupes témoins qui excluent systématiquement les femmes enceintes. Bien souvent, il n’y a donc tout simplement pas d’informations disponibles sur les effets des médicaments sur les femmes enceintes.

Sources