Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Le botox

Émission du 28 janvier 2010

«J'ai entendu dire qu'il y avait eu des décès liés à l'utilisation du Botox. Est-ce que c'est dangereux, le Botox ?»

Expert invité : Dr Ari Demirjian, dermatologue

Un traitement aux vertus… esthétiques

Le Botox est une toxine – un poison – qu’on retrouve dans la nature et qu’on est maintenant capable de fabriquer en laboratoire.
C’est d’abord et avant tout un traitement médical destiné aux personnes atteintes d’une maladie qui affecte la spasticité musculaire, comme la paralysie, laquelle peut être la conséquence d’un accident cérébro-vasculaire. Le Botox provoque la détente du muscle dans lequel il est injecté, une préparation souvent nécessaire aux traitements de physiothérapie chez ces patients.
Cette propriété, a-t-on réalisée par la suite, pouvait se révéler fort intéressante en chirurgie esthétique. Bye, bye pattes d’oie, rides du front, plis du nez et des coins de la bouche !
Le Botox permet de minimiser le mouvement des muscles liés à l’expressivité du visage.
Qu’il soit utilisé à des fins médicales ou esthétiques, le Botox agit de la même façon. Il pénètre les cellules nerveuses situées à la jonction du muscle, entraînant sa détente, ce qui confère, au niveau du visage, un aspect plus lisse.

Dangereux, le Botox ?

L’injection de Botox a été associée à plusieurs dizaines de décès aux États-Unis et en Europe. Ce qu’il faut savoir : toutes ces personnes avaient reçu des doses massives du produit pour traiter un problème grave de spasticité. La toxine s’est dispersée dans l’organisme, atteignant des muscles vitaux.
Aucun cas de décès n’a été rapporté chez des personnes ayant subi des traitements de Botox à des fins esthétiques. Les doses utilisées en esthétique sont minimes (100 unités) par rapport à celles utilisées en médecine (jusqu’à 700 unités). En esthétique, les risques de dispersion du produit, et donc d’effets secondaires graves, sont en fait inexistants.
Les femmes enceintes ou qui allaitent et les personnes atteintes de certaines maladies neuro-musculaires ne peuvent avoir recours au Botox. Il existe également des contre-indications avec plusieurs médicaments, dont les antibiotiques de la famille des tétracyclines.

Des effets secondaires minimes

Les effets secondaires des injections de Botox sont minimes, le plus souvent rares et temporaires. Paupières tombantes, dans environ 2 % des cas; rougeur et enflure autour du point d’injection, un peu comme une piqûre d’insecte, pendant 24 heures; petite ecchymose, «un bleu», qui s’évanouit en quelques jours; maux de tête ou sensation de lourdeur au front.
Bref, les injections de Botox sont sécuritaires, dans la mesure où elles sont pratiquées correctement. On ne doit pas en faire un usage abusif, sous peine de déclencher les anticorps et de développer une résistance au traitement. Généralement, on procède à des intervalles de 3 à 4 mois, afin de laisser le muscle reprendre sa forme normale avant de refaire une injection.
Le Botox n’est pas l’apanage exclusif des dames dans la cinquantaine… Jeunes et personnes plus matures peuvent y avoir recours, selon l’expressivité de leur visage.