Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Céline Ayotte, stimuler pour soigner

Émission du 28 janvier 2010

Céline Ayotte, ergothérapeute, CSSS de l'énergie

Céline Ayotte, ergothérapeute, nourrit un amour inconditionnel pour les enfants. Une condition essentielle pour aider à leur rééducation, et qui va bien au-delà de la science et des techniques.
Rencontre avec une femme passionnée par son métier.

Paola, petite bonne femme d’âge préscolaire, lance le ballon à Céline. Il y a du plaisir dans l’air. Partout, des jouets aux couleurs vives; des tapis d’exercices sur lesquels s’ébattre; des tunnels à traverser… C’est le «bureau» de Céline Ayotte, là où elle travaille à stimuler le développement global des enfants, dont leur motricité. «Le médium de l’ergothérapeute, c’est l’activité, explique-t-elle. Alors, quand on travaille avec des enfants, c’est le jeu.»

Paola éprouve de la difficulté à attraper le ballon; ses mains se coordonnent mal parce que ses yeux ne perçoivent pas correctement les mouvements à distance. Pour rééduquer l’œil, Céline attache un ballon gonflable après un fil et refait l’exercice, en réduisant l’écart entre elle et l’enfant. Paola attrape le ballon et crie de joie.

Olivier, 15 mois, refuse de marcher à quatre pattes et de se tenir debout. Le problème n’est pas physique, mais émotif. Le bambin est littéralement terrorisé par une telle aventure. Céline expérimente différentes stratégies : un jouet intéressant à aller chercher dans le tunnel; un autre qui trône tout en haut d’une montagne de tapis d’exercices… «La magie de l’imaginaire doit faire son œuvre, souligne l’ergothérapeute. Donc, j’invente une montagne avec mes tapis; elle me permet de compenser un peu cette peur. Son cerveau qui dit : ‘Non, non, non, ne monte pas là, c’est dangereux.’ dit maintenant : ‘Ah, je m’étais trompé !‘ Et l’enfant prend confiance en lui.»

L’amour avant tout

Céline Ayotte a grandi avec un frère autiste de quatre ans son cadet. «La première chose que j’ai demandé à ma mère, c’est : ‘Est-ce que tu peux me le donner ? Est-ce que je peux être sa deuxième maman ?’ C’est là qu’a commencé ma carrière de mère et d’ergothérapeute : je lui ai montré à écrire, à lire, à aller en vélo à deux roues.» Pour Céline Ayotte, l’ergothérapie est plus qu’un métier, mais une vocation née d’un «profond désir d’aider les enfants».
Pour pratiquer ce travail, d’après elle, il faut littéralement «adorer les enfants». «Certains viennent de milieux défavorisés. D’autres ont un profond trouble envahissant du développement; ils ne veulent pas qu’on les touche, qu’on les regarde. Alors, pour être capable de créer le contact, il faut les aimer par-dessus tout.»
Plusieurs des petits patients de Céline Ayotte présentent des multi-problématiques; des combinaisons complexes de troubles de toutes sortes. «Certains font des crises à la garderie; il y en a d’autres pour qui ce n’est pas facile à la maison, qui ont des caprices alimentaires ou qui refusent de s’habiller, explique la spécialiste. Ces enfants-là, on les voit en équipe interdisciplinaire pour obtenir un meilleur portrait.» Orthophonistes, psychoéducatrices, éducateurs spécialisés mettent en commun leurs connaissances et compétences au service du même enfant afin, comme le dit Céline Ayotte, «de faire exploser ses habiletés pour qu’il mette dans son sac à dos le plus d’outils possibles pour l’école».