Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le carnet des animateurs

Inoffensifs, les rayons X ?

Émission du 4 février 2010

L’implantation des scanners corporels dans les aéroports soulève beaucoup de questions, dont celle des risques pour la santé. Les rayons X, on le sait, ne sont pas inoffensifs. En est-il de même pour ces scanners ?

Un article publié récemment dans le prestigieux New England Journal of Medicine révélait qu’environ 2 % des cancers dépistés aux États-Unis pourraient avoir été causés par l’exposition aux rayons X.
Il faut savoir que les scanners corporels utilisent une tout autre technologie, sans rapport avec les rayons X, et ils sont tout à fait sécuritaires.

Les rayons X sont ainsi appelés parce que, lorsqu’on les a découverts, en 1895, on ne comprenait pas exactement leur nature. On sait aujourd’hui qu’ils s’apparentent aux rayonnements d’une explosion nucléaire et de ceux dégagés par des corps radioactifs.

Les rayons X pénètrent profondément dans le corps; ils peuvent donc modifier la structure moléculaire des cellules. Cette ionisation cause des dommages à l’ADN, ce qui augmente le risque de cancers.

Que faut-il alors penser de tous ces tests et radiographies qu’on aura subis au cours de notre vie? Les rayons X doivent traverser le corps pour créer une image radiographique. Le taux de radiation varie selon l’organe examiné; par exemple, il doit être beaucoup plus élevé pour un os important, dense par nature, que pour un poumon rempli d’air.

La mammographie est une forme de radiographie, et utilise donc des rayons X, mais pas l’échographie, qui se sert plutôt d’ultra-sons. Quant aux technologies de résonance magnétique, elles comportent des risques particuliers, bien qu’elles n’aient rien à voir avec les rayons X.

Ce qu’on appelle couramment un «scan» est une forme de radiographie extrêmement sophistiquée, et qui nécessite de très fortes doses de radiation. Un «scan» thoracique, par exemple, équivaut à 400 radiographies pulmonaires.

Chiffres à l’appui, les «scans» et radiographies sont de plus en plus fréquents. Aux États Unis, on estime le nombre de «scans» annuels à 62 millions, soit 20 fois plus qu’en 1980!

Et les enfants ?

Fait important : de plus en plus d’enfants sont soumis à ce type de tests. Or, les enfants sont beaucoup plus sensibles aux effets des radiations que les adultes. Par ailleurs, les risques pour la santé augmentent avec le nombre d’expositions (les «doses» sont cumulatives). On peut donc supposer, et craindre, que ces enfants seront plus exposés, à long terme, que la génération précédente. D’où un risque accru de cancers.

Autre tendance observable : la popularité grandissante des scans de dépistage. On pratique de plus en plus de «scans» pour dépister des conditions de santé – en d’autres mots, des «possibilités de problèmes». Or, cette technologie est plutôt destinée à confirmer un diagnostic médical, c’est-à-dire à évaluer un problème existant.

La question préoccupe suffisamment pour que le Conseil national de recherches Canada songe à mettre au point un registre national qui compilerait, pour chaque patient, toutes les données concernant ce type de traitements (le registre permettrait donc d’évaluer l’accumulation des doses).

De quoi se demander s’il ne vaudrait pas mieux refuser de passer des radios! Comme pour bien d’autres questions, il faut comparer les bénéfices et les risques au cas par cas. Un test, pris isolément, comporte évidemment très peu de risques. Mais un tout petit risque chez énormément de gens… finit tout de même par causer des problèmes. La marche à suivre ? Éviter de passer des tests inutiles, notamment en informant le médecin des examens effectués dans le passé.