Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Le mal des montagnes

Émission du 18 mars 2010

«Je prépare un voyage au Pérou. Y a-t-il des précautions à prendre quand on est en altitude ?»

Expert-invité : Dre Francine Léger, clinique santé-voyage, Fondation du CHUM

Les Québécois connaissent bien le phénomène du mal des montagnes associé à des endroits très à risque, comme l'Everest et le Kilimanjaro.» Mais ils ne se montrent pas nécessairement prudents lorsqu’ils vont dans des destinations plus populaires, telles les pentes de ski de l'Ouest américain ou le Machu Pichu, au Pérou, situé à 3 200 mètres d'altitude.

Comme un lendemain de veille

Le mal des montages est une réaction d'adaptation normale de l’organisme à la raréfaction de l'oxygène dans l'air en haute altitude. Les systèmes pulmonaire, cardiaque et sanguin activent alors un mécanisme visant à compenser cette baisse d'oxygène, ce qui entraîne l’apparition de différents symptômes : maux de tête, nausées, perte d'appétit et grande fatigue. Environ 40 % des gens souffriront de tels malaises à une altitude située entre 2 500 et 3 000 mètres. Ces malaises peuvent se développer dans les trois jours suivant l'arrivée en montagne, parfois plus rapidement.
Les symptômes varient en intensité selon les individus mais, dans tous les cas, une seule action s'impose : cesser immédiatement l'ascension, et patienter jusqu’à la disparition des symptômes avant de reprendre la route. Se reposer et bien s'hydrater aide à combattre les effets de l'altitude.

Un mal aigu... potentiellement mortel

Les symptômes du mal aigu des montagnes peuvent parfois prendre des proportions beaucoup plus graves et révéler l'apparition d'un oedème pulmonaire et cérébral, une accumulation de liquide dans les tissus qui peut être fatale. En cas de maux de tête persistants (la prise d'acétaminophène ou d'ibuprofène n'arrive pas à réduire la douleur), accompagnés de vomissements répétés, de troubles d'équilibre et de confusion, il est impératif d’agir. Dans les 6 à 12 heures qui suivent, la personne peut entrer dans un coma, puis en mourir. Descendre de 500 ou 600 mètres peut lui sauver la vie.
L'oedème cérébral est la première cause de mortalité chez les voyageurs en altitude.

Dormir pour prévenir le pire

Il faut savoir que la bonne forme physique et l'âge n'ont aucune influence sur le risque de souffrir du mal des montagnes. Pour prévenir l’apparition des symptômes graves, il faut prévoir des pauses nocturnes à tous les 300 ou 600 mètres, dès le cap des 3 000 mètres (c'est l'altitude à laquelle on dort qui importe).
Certaines personnes peuvent, en raison d'une condition médicale particulière, avoir une capacité limitée à s'adapter à l'altitude, notamment celles qui souffrent d'une maladie cardiaque ou pulmonaire, ou encore d'anémie. En cas de doute, il faut consulter son médecin et un spécialiste de la santé des voyageurs.