Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Portrait d’un médecin d’urgence : Georges Lévesque

Émission du 14 septembre 2006

Dès son enfance, Georges Lévesque savait qu’il voulait être médecin. Chez les sœurs de la Charité, où il a fait son primaire, il disait déjà vouloir faire médecine. Et c’est une vocation qu’il n’a jamais remis en question. Après trente ans, il pratique encore la médecine d’urgence avec ferveur, passion et plaisir. Depuis maintenant près de trois ans, il travaille à l’unité des urgences de l’Institut de cardiologie de Montréal, le premier hôpital spécialisé en cardiologie au Canada devenu la véritable référence mondiale depuis sa fondation en 1954.

Les décisions se prennent aux 30 secondes

C’est au poste des infirmières du service des urgences que commence la journée de Georges Lévesque. C’est là qu’il trouve toutes les informations dont il a besoin avant de se retrouver au cœur de l’action : les patients sous ses soins, les résultats des examens ou la liste de ceux qui devront être faits dans la journée.

« On dit souvent que les médecins des urgences sont des hommes et des femmes d’action, avance le Dr Lévesque. Je dirais qu’on est surtout des gens de décision, précise-t-il. C’est le plus important. Si on concentre trop d’attention sur les gens dont les besoins sont moindres, on prive d’autres personnes de soins importants. »

L’urgence : la « main » de l’existence
« L’urgence, c’est la “main” de l’existence », dit Georges Lévesque, utilisant volontairement l’anglicisme. C’est une fenêtre sur la vie qui permet de connaître sa ville et ses gens de façon unique, extraordinaire… Tous les jours, il dit « baragouiner » cinq langues pour établir ce précieux lien avec ses patients. Car pour lui, c’est ce lien très intense, qui s’établit avec chaque patient, qui est au cœur de son travail. Cela demande une grande habileté de communication.

L’instinct en urgence — une chose qui ne s’apprend pas

Selon Georges Lévesque, le médecin aux urgences doit posséder une bonne part d’instinct :
« Le bon médecin d’urgence ouvre le rideau et il sait ce dont a besoin le patient. Il doit sentir puis diriger son attention et ses efforts sur LE problème qui représente l’urgence. Les préoccupations plus périphériques doivent être laissées à quelqu’un d’autre, on n’a pas le temps de prendre en compte toute l’histoire médicale du patient. Certains l’ont — d’autres pas ».

Georges Lévesque affirme aussi que le temps a fait de lui un être plus sensible à la souffrance. Il espère ne jamais perdre cette conscience. Même aujourd’hui, il vit l’angoisse du doute, celui d’avoir pu faire mieux. Ai-je bien fait de renvoyer ce patient à la maison ? Aurais-je dû demander d’autres tests ?

« Les gens qui font ce métier ne peuvent être insensibles, dit-il. Des décisions vitales doivent se prendre pour une vie humaine, une chose fragile. Si on se détache, ça peut porter à prendre des décisions qui seront dangereuses » ajoute-t-il.

Georges Lévesque, c’est aussi un gars de « gang », que ce soit à l’urgence, heureux de retrouver ses collègues le matin, ou encore ses amis, avec qui il joue au hockey tous les jeudis, un rituel depuis maintenant 15 ans. Le hockey est un grand plaisir qui lui permet de se réconcilier avec les difficultés de son métier.

Il admet pourtant avoir longtemps été complexé par rapport à sa vocation. Venant d’une famille d’artistes, il était gêné d’avouer son intérêt pour les sciences, son métier de médecin. Ce n’est que depuis récemment qu’il accepte sa « différence ».

« J’en ressens aujourd’hui une certaine fierté, dit-il. C’est ce que je fais, c’est une spécialité qui est dure, qui est difficile, et maintenant je ne suis plus gêné de le dire », conclut-il, sourire en coin…