Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Dr Beaulieu : quand l'échographie révolutionne les soins intensifs

Émission du 21 octobre 2010

Le Dr Yanick Beaulieu, cardiologue et intensiviste à l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, a été le premier à faire la promotion de l’utilisation de l’échographie aux soins intensifs. Il a déjà formé 3000 médecins en Amérique du Nord à l’utilisation de cette nouvelle technologie.

Une histoire de famille

À l’âge de 7 ans, Yanick Beaulieu a vécu un événement qui influencera plus tard son choix de carrière. Au tournant de la trentaine, son père a dû subir une opération chirurgicale en raison d’une malformation cardiaque. Désireux de remercier la personne qui avait sauvé son cher papa, le jeune Yanick a tenu à accompagner son père lors de sa visite de suivi dans le cabinet du chirurgien.

Plus tard, il a choisi de devenir à son tour chirurgien pour pouvoir lui aussi aider un petit garçon qui attendrait le retour de son papa à la maison. C’est ce qui l’a amené à devenir médecin avec une double spécialité : la cardiologie et les soins intensifs.

Son parcours

Yanick Beaulieu raconte qu’au cours de sa formation en soins intensifs à l’Université de Pittsburgh, l’équipe départementale avait commandé une importante quantité de nouveaux appareils. Dans le lot d’équipements reçus, une machine à échographie portative, que personne ne savait comment utiliser. Des collègues ont confié la tâche à Yanick de trouver comment cela pouvait leur être utile puisqu’il connaissait déjà les appareils à échographies.

Rapidement, Yanick a vu le potentiel de cet instrument pour les médecins en soins intensifs : «Comme ça, rapidement, sur des arrêts cardiaques et sur toutes sortes d’interventions, ça devenait clair que ça pouvait être un outil incroyable.» C’est pourquoi il a choisi d’en faire son projet de recherche de fellowship, afin de créer un curriculum d’éducation pour les médecins en soins intensifs ou les utilisateurs non traditionnels.

L’échographie aux soins intensifs

Puisque les patients passent parfois de longues périodes de temps aux soins intensifs, il est important non seulement de les stabiliser, mais aussi d’identifier exactement quel est le problème, raconte Yanick Beaulieu. «Ils ont souvent un état postopératoire et peuvent avoir un drain thoracique, des cicatrices, des bandages. Ils ont plein de choses sur eux et peuvent avoir de la douleur, ce qui fait qu’en examinant certains endroits, il faut y aller très doucement.» Selon lui, cet ensemble de circonstances fait que les patients ne sont pas toujours faciles à examiner, ce qui est bien différent des patients en clinique externe ou dans les autres départements qui peuvent s’asseoir dans le lit, contrôler leur respiration et suivre les consignes du personnel soignant.

Avec l’échographie miniaturisée, explique Yanick Beaulieu, il est maintenant possible pour les médecins de différentes spécialités ayant suivi l’entraînement adéquat de faire des examens plus poussés, comme par exemple vérifier si le patient a de l’eau à la base des poumons. Il est ainsi possible de mieux examiner les patients en soins intensifs sans avoir à les déplacer dans une autre salle – ce qui peut souvent représenter des risques pour cette catégorie de patients.

De bons résultats

Dans une recherche menée auprès de médecins ayant utilisé cette nouvelle technologie, il a été démontré que l’examen avec l’échographie miniaturisée permettait de modifier le diagnostic dans 33 % des cas et l’intervention médicale dans 52 % des cas.

Selon Yanick Beaulieu, l’avènement de cette technologie au chevet du patient par un utilisateur non traditionnel, comme un médecin en soins intensifs, est aussi révolutionnaire que l’avènement du stéthoscope.

L’échographie miniaturisée est notamment très utile pour les médecins en soins intensifs lors de l’installation de cathéters, car elle permet de bien visualiser les veines et de suivre en direct l’insertion de l’aiguille dans la veine.

Devant l’intérêt marqué de plusieurs collègues, Yanick Beaulieu a commencé à donner de la formation pour initier les médecins à cette nouvelle technologie. À ce jour, il a formé près de 3000 médecins en Amérique du Nord.

Pour ce jeune père de famille qui a toujours continué à pratiquer comme clinicien, il est clair que cet investissement professionnel lui a demandé beaucoup de sacrifices personnels.

«Ma motivation ultime, qui fait que je ne serai jamais capable de lâcher la clinique, conclut-il, c’est d’être avec le patient et de pouvoir faire une différence.»