Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Portrait d'une musicothérapeute: Stephany Matthews

Émission du 21 septembre 2006

L’Association québécoise de musicothérapie définit la musicothérapie comme un mode d’intervention qui utilise les composantes de la musique (rythme, mélodie, harmonie, style, etc.) afin d’améliorer ou de maintenir le bien-être physique et psychique de l’individu.

La musique adoucit…la souffrance.

Tous les jours, Stephany Matthews apporte soutien et réconfort aux patients en oncologie et aux soins palliatifs de deux hôpitaux montréalais, l’hôpital Saint-Mary et l’hôpital général juif.. C’est lors d’un stage en gériatrie, dans le cadre de ses études, qu’elle a découvert à quel point la musique apportait de l’aide et du réconfort aux patients. «Je m’intéressais à la psychologie de l’enfance, dit-elle, mais à ma deuxième année, j’ai fait un stage en gériatrie et j’ai vu à quel point les patients s’engageaient avec la musique, que ça diminuait le sentiment de solitude»

Stephany arrive au département d’oncologie avec un petit chariot chargé d’instruments : des tambours et des petits objets à percussion. Aux patients souffrants, elle joue pour les faire relaxer. Elle peut les aider à respirer plus doucement au rythme de la musique. Pour les personnes très déprimées, elle essaie de les faire parler en leur jouant une chanson significative pour eux. Elle les fait parler du sens des paroles et de leur signification dans leur vie. De fil en aiguille, des souvenirs surgissent, des émotions s’expriment.

Elle est bien accueillie par les patients, car elle vient d’abord voir la personne avant le malade. Ce n’est pas elle qui annonce les mauvaises nouvelles ou qui doit à un patient qu’il devra suivre des traitements lourds. Grâce au contact qu’elle crée avec les patients, elle peut aussi aider les médecins, en leur communiquant des peurs, des préoccupations que leurs patients n’osent pas toujours évoquer directement avec eux. Lorsqu’on craint la réponse à une question, on évite souvent de la poser…

Au début, Stephany n’était pas à l’aise d’entrer dans la chambre des patients. Face à des gens affaiblis, amaigris, elle cherchait comment s’y prendre. Elle se reprochait d’avoir été trop rapide, de ne pas avoir pris le temps d’établir un contact, de n’avoir pas assez regardé la personne dans les yeux. Aujourd’hui, plus confiante, sa sensibilité informée lui permet d’avoir une approche remplie de douceur et de respect.

Mais Stephany ne voit pas nécessairement l’effet immédiat de son travail Ce sont les infirmières qui le voient. Souvent, les patients sont plus calmes, moins à bout de souffle, moins en douleur, car la musique est efficace pour réduire le taux de cortisol dans le cerveau, responsable des effets négatifs du stress. Elle augmenterait aussi le taux d’endorphines, qui ont des propriétés calmantes, analgésiques et euphorisantes.

Que les patients soient très faibles ou même très limités physiquement, Stephany intègre la musique dans son travail pour leur permettre de communiquer.  Elle a eu un patient avec des métastases au cerveau qui ne pouvait parler que difficilement, mais qui pouvait chanter, ces deux fonctions ne se situant pas au même endroit du cerveau.

 «Si les patients manquent de souffle, dit-elle, j’axe mon approche sur l’imagerie, la visualisation». Avec de simples billes sur un tambour, elle réussit à imiter le son des vagues et amène ses patients…à la mer. «Je leur rappelle qu’ils peuvent retourner à cet endroit quand ils veulent. Ça leur donne un sentiment de contrôle.»…une grande source de réconfort pour des patients qui vivent l’angoisse et la douleur.

Ressources :

Association québécoise de musicothérapie
www.musicotherapieaqm.com

Hôpital général juif
Tel: (514) 340-8222
www.jgh.ca

Centre hospitalier de St. Mary
Tél. : (514) 345-3511
www.smhc.qc.ca