Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Véronique Ferland, la vie après la greffe

Émission du 4 novembre 2010

Véronique Ferland est une jeune maman de 34 ans qui revient de loin. Atteinte de fibrose kystique depuis la naissance, elle a passé près de deux ans, à l’hôpital branchée à l’oxygène 24 heures par jour en attente d’une greffe de poumon et coupée de ses trois enfants. C’est pourtant eux qui lui ont donné le courage de surmonter cette épreuve.

De retour dans la vie

«Respirer avec peu de capacité pulmonaire, c’est comme si tu respirais avec une paille. C’est aussi pire que de se noyer. C’est atroce.»

Après deux ans d’hospitalisation et une greffe de poumon, Véronique Ferland savoure maintenant le plaisir de vivre et respirer pleinement. Et elle peut même faire de la natation! «Ce que ça représente pour moi faire des longueurs comme je le fais aujourd’hui, c’est vraiment une démonstration de la vie, tout simplement parce qu’avant j’étais clouée à un lit, raconte-t-elle avec enthousiasme. Maintenant à chaque bouffée d’air que je prends, je la sens jusqu’au bout de mes orteils, c’est fou !»

La fibrose kystique

Dès sa naissance, Véronique a reçu un diagnostic de fibrose kystique, ce qui ne l’a pourtant pas empêchée de vivre une enfance presque normale, mis à part de nombreuses infections pulmonaires qui ont requis une hospitalisation. Dans la vingtaine, elle donne naissance à trois beaux enfants, vigoureux de santé.

À 30 ans, sa vie bascule. Au mois d’avril, son poumon se décolle de la plèvre, un problème médical qu’on appelle un «pneumothorax» et qui se répétera à trois reprises au cours des mois suivants. Par la suite, Véronique apprend qu’elle devra subir une greffe de poumon, sans quoi elle risque de décéder dans les deux prochaines années.

Alors maman de trois jeunes enfants, âgés de 3, 4 et 8 ans, Véronique s’accroche à la vie : «Si je n’avais pas eu mes enfants, ça aurait probablement été un tout autre scénario, parce que c’est vraiment à cause d’eux que je me suis accrochée. Pour nous, des fois, je pense qu’on a de la difficulté à trouver le courage ou la raison, mais pour eux, j’aurais tout fait.»

Une longue et pénible attente

Avant de recevoir sa greffe, Véronique a dû faire preuve d’une patience et d’un courage exemplaires. En effet, sur les deux années d’attente, elle a dû passer 20 mois à l’hôpital, dont une année sans interruption. «Je suis venue une soirée à la maison, et le lendemain à mon retour à l’hôpital, je me suis mise à cracher beaucoup de sang. On appelle ça des hémoptysies.» À partir de ce moment, elle décide de demeurer à l’hôpital, loin de ses enfants, pour qu’ils ne soient pas témoins de ses difficultés.

Tous les soirs, sans exception, elle parlait à ses enfants par téléphone – parfois très longtemps – et leur chantait des berceuses avant le dodo.

Malgré toutes les épreuves qu’elle doit traverser, comme ses séjours à l’unité de soins intensifs, elle poursuit sans relâche son objectif no 1 : retourner à la maison rejoindre ses enfants.

Enfin la greffe !

Le 21 novembre, après 21 mois d’attente, la chance tourne pour Véronique et elle apprend qu’elle pourra finalement recevoir un nouveau poumon. «C’est vraiment un grand don, explique-t-elle. La première fois, on a la vie, ça nous est donné comme ça, gratuitement. Et souvent on la prend pour acquis. Et quand quelqu’un fait un don, il ne sauve pas juste la vie du receveur, il sauve toute une famille. La qualité de vie qu’on retrouve à ce moment-là, ça n’a pas de prix.»

De retour en famille

«J’ai eu la chance de retourner avec les enfants du 23 au 24 décembre, se souvient-elle. Des Noëls, il va en avoir plein d’autres, mais pas comme celui-là !»

Après quelques semaines d’euphorie qui ont suivi son retour définitif à la maison, Véronique a dû faire des efforts pour rééquilibrer la dynamique familiale : «Au début, c’était comme un party perpétuel!» Si heureuse d’être avec sa famille, elle laissait quelques passe-droits aux enfants, mais après quelque temps, il a fallu qu’elle réinstalle son autorité maternelle. Véronique a aussi dû prêter une attention toute particulière à sa fille aînée, qui avait un peu pris la responsabilité des plus jeunes enfants : «Je la voyais qui ne s’amusait pas autant qu’elle aurait dû à son âge, à 11 ans. Je lui ai dit “Maman est là. Je m’attends de toi à ce que tu te roules par terre, que tu ris, que tu te barbouilles la face. Amuse-toi ! Ça va peut-être prendre un petit peu plus de temps, mais laisse-moi faire, tu vas voir. Je vais être la maman que j’aurais dû être depuis longtemps.”»

Sa seconde fille, de son côté, éprouvait beaucoup d’insécurité, tandis que son fils lui a plutôt manifesté de l’hostilité, accusant sa mère de les avoir abandonnés. «Je lui ai dit “Ce n’est pas de ta faute, mais ce n’est pas de ma faute non plus. Mais l’important c’est qu’on soit ensemble.”»

La vie après la greffe

Aujourd’hui, Véronique profite de son expérience pour aider d’autres malades en attente de greffe. Et preuve qu’elle est maintenant prête à relever tous les défis, elle s’est entraînée à la natation pour participer aux Jeux olympiques des greffés qui ont eu lieu en août dans la ville de Québec. Pour elle, c’est une autre façon de redonner espoir à ceux qui sont en attente de greffe.

Après toutes ces épreuves, Véronique dit qu’elle se sent aujourd’hui mieux dans sa peau qu’elle ne l’a jamais été : «ça, je pense que pour les enfants aussi c’est un cadeau. Eh oui, je suis une meilleure maman qu’avant!»