Une pilule une petite granule

Émission disponible en haute définition

Diffusion terminée

Diffusion :
Diffusion terminée
Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Dre Marie-Jeanne Kergoat, un médecin passionné par les personnes âgées

Émission du 6 janvier 2011

Marie-Jeanne Kergoat est médecin, et l’une des premières à s’être intéressée à la gériatrie, cette spécialité médicale qui se penche sur la santé des personnes âgées. Elle fait d’ailleurs partie du tout premier contingent de gériatres formés au Québec, où il en manque encore énormément d’ailleurs.

Passionnée par son métier, cette femme engagée se bat au quotidien pour ajouter des années de vie de qualité à ses patients âgés.

Une période de vie importante

« Vivre, c’est vieillir », soutient d’entrée de jeu Marie-Jeanne Kergoat, gériatre à l’Institut de gériatrie de Montréal. Pour cette spécialiste du vieillissement, il est primordial de bousculer les idées reçues sur le troisième âge et de regarder avec lucidité cette importante période de la vie.

« Qu’on le veuille ou pas, on va vivre vieux. À l’heure actuelle, sans trop d’efforts, un homme va vivre jusqu’à 76 ans et une femme va vivre plus de 80 ans. Il faut envisager son vieillissement. De 65 ans à 100 ans, comment je vais habiter mon vieillissement? Dans le fond, il faut l’envisager comme une période longue qu’on a encore devant soi et il faut refuser que ce soit une période de la vie où socialement, on est stigmatisés. Il n’y a pas une image du vieillissement, il y a des images du vieillissement. »

L’âge du coeur

Quand elle questionne ses patients sur le moment où ils ont commencé à se « sentir vieux », Marie-Jeanne Kergoat a remarqué que plusieurs lui ont confié qu’ils se sentent encore très jeunes dans leur cœur. « Ils ont tous les âges. Ils ont 18 ans, ils ont 40 ans, ils ont 50 ans. La personne est toutes les étapes de sa vie. Mais là, elle est souvent confrontée à un environnement qui, par rapport à leur condition de santé, est beaucoup plus hostile. »

« Mon travail n’est pas de les aider à vivre toujours, poursuit-elle. Il n’y a personne qui va vivre toujours. Mon travail, c’est vraiment d’imaginer qu’ils sont dans une trajectoire et de voir ce que moi je peux faire pour intervenir, quels conseils je peux leur donner pour vivre au mieux les années qui sont devant eux. C’est ça mon travail. »

Le choix de la gériatrie

Au cours de son parcours de jeune étudiante en médecine, Marie-Jeanne Kergoat a été marquée par le décès de sa mère qui souffrait de diabète. Avec le temps, elle a découvert que sa mère n’avait probablement pas eu tout l’accompagnement médical qui lui aurait été nécessaire pour être bien prise en charge. Ces réflexions ont guidé Marie-Jeanne Kergoat vers la voie de la gériatrie.

« Je me suis dit que comme étudiante en médecine, je pouvais peut-être changer les choses, se souvient-elle. Pour moi, la gériatrie, ça représentait un défi en termes de connaissances du point de vue scientifique et humain. C’est une médecine qui m’apparaissait complexe. C’était un champ nouveau à défricher. Le défi était grand ! »

Une médecine sur mesure

En tant que gériatre, Marie-Jeanne Kergoat considère qu’il est important que la médecine s’adapte aux besoins de la personne âgée : « Plus on avance en âge, plus on se distingue et plus on doit avoir une médecine sur mesure. On est aussi plus à risque de souffrir de plusieurs maladies. »

Le défi de la gériatrie est aussi de s’adapter à l’immense variabilité des besoins des personnes âgées : « Pensez juste à quelqu’un de 65 ans et quelqu’un de 100 ans. Allez-vous les percevoir, les voir, les traiter de la même façon? Entre 65 ans et 120 ans, il y a toute une vie ! »

Pour Marie-Jeanne Kergoat, il est clair que le système médical actuel ne met pas suffisamment de mesures en place pour répondre aux besoins des patients du troisième âge. Elle déplore notamment que le contexte hospitalier détériore davantage l’état de santé des personnes âgées qu’il ne leur vient en aide.

« C’est éminemment important que l’environnement s’adapte à la personne âgée, autant l’attitude des gens que le milieu physique. »

La gériatrie exige aussi une approche particulière, souligne-t-elle, notamment empreinte de franchise et de sensibilité : « Ce dont on va parler et qui revient souvent, c’est le sens de la vie et la prise que la personne a sur certains éléments de sa vie encore. Il y a peut-être une plus grande spiritualité aussi qui est importante dans le vieillissement. »