Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Les super-infirmières

Émission du 20 janvier 2011

« Les super-infirmières peuvent-elles aider à désengorger le système de santé ? »

Expert invité : Chantal Fortin, Présidente de l'Association des infirmières praticiennes spécialisées

Pour Chantal Fortin, présidente de l’Association des infirmières praticiennes spécialisées, la réponse est claire : « S’il y avait plus d’infirmières praticiennes spécialisées au Québec, on pourrait désengorger les urgences. Au lieu de consulter les urgences pour des petits problèmes de santé courants, on pourrait consulter une infirmière praticienne. Ça pourrait augmenter beaucoup l’accessibilité aux soins, entre autres en évitant les urgences, les ré-hospitalisations et les réadmissions inutiles par un suivi plus adéquat de la clientèle. »

Quatre spécialisations

Même si elles sont souvent surnommées « super-infirmières », Chantal Fortin et ses collègues préfèrent le titre officiel d’infirmières praticiennes spécialisées. Elles sont formées pour offrir des soins infirmiers avancés et des soins médicaux à une clientèle qui nécessite des interventions plus poussées.

Il existe quatre spécialisations : néonatalogie, cardiologie, néphrologie ou soins de première ligne.

Les tâches d’une super-infirmière sont très variables. Elles sont très souvent appelées à faire le suivi de patients atteints de maladies chroniques, comme l’insuffisance cardiaque (cardiologie) ou l’insuffisance rénale (néphrologie). Les infirmières spécialisées en néonatalogie peuvent,, quant à elles prendre en charge des bébés nécessitant des soins intensifs comme les nouveaux-nés prématurés.

Contrairement aux autres infirmières, les infirmières praticiennes spécialisées ont la formation nécessaire pour demander des examens médicaux, interpréter les résultats de ces examens et élaborer un plan de traitement, par la prescription de médicaments ou la recommandation de traitements non pharmacologiques.

Pour toutes ces raisons, Chantal Fortin considère que les super-infirmières ont beaucoup à offrir au système de santé : « Un impact immédiat de l’apport des infirmières praticiennes serait d’abord d’offrir des soins de santé primaires à toute une clientèle de personnes dites orphelines qui n’ont pas de médecin de famille et qui pourraient avoir accès à des soins médicaux avec une infirmière praticienne. »

Les super-infirmières de première ligne

Infirmière praticienne spécialisée de première ligne, Annabelle Rioux nous explique que l’étendue de sa clientèle est très large : personnes âgées, jeunes adultes, femmes enceintes, enfants. Les infirmières de première ligne peuvent faire un suivi régulier de toutes les catégories de patients, mais aussi offrir des rencontres sans rendez-vous. Elles peuvent également faire des interventions spécifiques telles que des examens gynécologiques, des prélèvements pour les maladies transmises sexuellement ou de petites chirurgies comme des points de suture.

Néphrologue à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, la Dre Lynne Sénécal apprécie beaucoup la collaboration avec les infirmières praticiennes : « Le travail avec les super-infirmières, c’est fantastique. Nous, on trouve ça extraordinaire. C’est un travail d’équipe. C’est une très belle collaboration. » Pour elle, il est clair que les super-infirmières permettent de faire un meilleur suivi des patients. « Je pense que les infirmières ne sont pas ici pour remplacer notre travail. Elles sont ici pour compléter notre travail pour qu’on puisse travailler en équipe ensemble. »

Une formation poussée

La formation des infirmières praticiennes spécialisées est très poussée. Voici les grandes lignes de leur parcours :

- être infirmière et avoir pratiqué au moins deux ans
- compléter un baccalauréat, une maîtrise et un diplôme complémentaire d’étude
- réussir un stage et un examen de certification

Pourquoi n’y en a-t-il pas plus ?

Si elles ont tant à offrir au système de santé, pourquoi est-ce si long avant d’avoir des infirmières praticiennes spécialisées au Québec? « Peut-être qu’on a voulu, par une volonté politique, régler un problème de façon simple alors que c’est beaucoup plus complexe que ça », répond Chantal Fortin. « Il faut orchestrer la formation de ces infirmières praticiennes-là. Il faut leur trouver des postes où aller travailler. Après ça, il faut les rémunérer, donc il faut trouver de l’argent. Il faut aussi trouver une entente pour toutes les zones grises qu’il y a entre les différentes professions pour que tous s’entendent et soient confortables avec ça. »

L’état des lieux au Québec

À l’heure actuelle, on compte environ 70 infirmières praticiennes spécialisées certifiées. Chantal Fortin espère que d’ici 5 ans, on puisse en compter environ 500 en soins de première ligne et 75 en soins spécialisés. Les futures super-infirmières de première ligne pourraient pratiquer dans les CSSS, les groupes de médecins de famille et les cliniques médicales privées. Pour celles qui auront opté pour un domaine de spécialisation, elles oeuvreront davantage dans les unités où on offre des soins spécialisés.