Une pilule une petite granule

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Durée :
60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Nathalie Buisson, portrait d'une battante

Émission du 28 septembre 2006

Nathalie est une belle femme de 40 ans, rayonnante, volontaire et généreuse. Depuis l’âge de cinq ans, la danse a fait partie de sa vie. Elle a mené une carrière professionnelle de danseuse de ballet pendant 13 ans, dont 8 ans aux Grands Ballets Canadiens et 5 ans pour le chorégraphe espagnol de renommée internationale, Nacho Duato, C’est à cette époque qu’elle a rencontré son mari. Le couple a deux enfants : un garçon de 5 ans et une petite fille de 2 ans et demi. 

Il y a deux ans, la vie de Nathalie a basculé. Une nuit, elle est tombée aux prises avec des convulsions. À l’hôpital, les examens révèlent le pire : une tumeur cérébrale de 5 centimètres au lobe frontal droit. Diagnostic: cancer du cerveau.

Il n’était pas question pour Nathalie de se laisser abattre sans combattre. Elle a reçu beaucoup de soutien de son frère, l’animateur de télévision Paul Buisson, qui l’a encouragé à chercher le plus d’avis et d’informations possibles. Triste ironie du sort, il devait succomber un an plus tard, au Centre hospitalier Saint-Eustache, victime d’une erreur médicale. Il demeure aujourd’hui pour Nathalie une source de courage.

Nathalie entreprend donc des recherches. Mais elle reçoit des opinions complètement divergentes : un chirurgien accepte de l’opérer sans problème, un autre refuse catégoriquement. Un nom lui revient souvent: le Dr David Fortin, du Centre hospitalier de Sherbrooke. Désemparée, elle s’est tournée vers le Dr Fortin, jeune médecin de 37 ans, seul neurochirurgien et neuro-oncologue canadien. Le Dr Fortin accepte de la recevoir en consultation et, selon Nathalie, un lien de confiance se crée immédiatement.

Pour le Dr Fortin, une opération est bel et bien nécessaire, mais il revient à Nathalie de bien peser les risques et les inconvénients d’une telle intervention. Il ne peut pas enlever complètement la tumeur, car comme la plupart des tumeurs au cerveau, celle de Nathalie est imbriquée dans la matière cérébrale. Essayer de tout enlever risquerait de laisser Nathalie avec de graves séquelles.

Avant l’opération, c’est moins la peur de mourir qui hante l’esprit de Nathalie que la crainte de subir de graves séquelles au cerveau. L’intervention est un succès. En fait, l’intervention s’est tellement bien déroulée qu’elle part même voir sa belle-famille en Espagne seulement deux semaines après l’intervention.

Mais deux mois plus tard, Nathalie recommence à se sentir mal. À l’examen de résonance magnétique, on découvre deux nouveaux nodules cancéreux. Débute alors un nouveau traitement, une chimiothérapie par voie orale, la seule forme de chimiothérapie disponible pour le cerveau. Ce traitement, qu’elle peut suivre à la maison, sera heureusement une réussite au-delà de toutes les espérances. Les deux nodules ont disparu. Toutefois, on ne peut pas parler de guérison ou de rémission. Dans les cas de cancer du cerveau, comme celui de Nathalie, la chimiothérapie aide à faire diminuer la tumeur, mais le patient continue à vivre avec une partie de tumeur cancéreuse logée dans son cerveau.

 
«Cœur en tête» : la danse au service de la recherche

Malgré toutes ces épreuves, le 3 avril dernier, Nathalie a trouvé la force de réaliser un projet qui lui est cher. Elle a présenté «Cœur en tête», au Centre Pierre-Péladeau, un spectacle bénéfice de danse pour soutenir les recherches prometteuses du Dr Fortin en neuro-oncologie.

L’idée du spectacle, Nathalie l’a eue à la suite de son opération. Forte du désir d’aider à son tour ce médecin qui lui a donné, comme elle le dit, une deuxième chance de vivre. Celle que son frère Paul n’aura pas eue.

Le Dr Fortin avait sur la table un projet de recherche sur les tumeurs cérébrales et manquait de financement. Le cancer du cerveau, moins répandu que d’autres formes de cancer, bénéficie de moins de fonds de recherche. 

Nathalie cogne à la porte des Grands Ballets Canadiens qui acceptent tout de suite de l’aider - à la condition qu’elle danse! Nathalie remonte donc sur scène accompagnée de ses anciens collègues. Danseurs, techniciens - tous participent bénévolement. Même la salle est offerte gratuitement. Le spectacle permet de recueillir 60 000$ qui sont remis pour les recherches du Dr Fortin. 

Ce spectacle n’a pas seulement aidé le Dr Fortin. Nathalie nous dit qu’il l’a aussi aidée à se retrouver, au-delà de la maladie, à travers la danse. Et puisque son travail à amasser des fonds lui permettra peut-être un jour de guérir complètement, c’est une formidable motivation pour elle et toutes les personnes atteintes d’un cancer cérébral, ajoute-t-elle.

La vie, aujourd’hui…

La maladie n’est jamais loin. Nathalie doit passer un examen de résonance magnétique aux trois mois. C’est la raison pour laquelle elle et sa famille ne font jamais de projets au-delà de ces trois mois. Sinon, dans le quotidien, peu de choses changent à cause de la maladie.

Le plus difficile, dit-elle, c’est de «vivre avec l’inconnu». Ne pas savoir comment la maladie évoluera, comment cela l’atteindra. Ce sont ses enfants qui lui donnent la force de continuer. Réaliste mais déterminée, Nathalie conclut en pensant à ses enfants qu’elle veut voir grandir. Nathalie a décidé que ça n’était pas la maladie qui allait décider pour elle. Et qu’elle était prête à tout pour y arriver.

Ressources :

Fondation du Centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke
1 866 820-6450