Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Le portrait

Louise Desmeules, épithésiste : à la fois soignante et artiste

Émission du 10 février 2011

Louise Desmeules est la seule personne au Québec à exercer le métier d’épithésiste. Elle reconstruit des parties de visage. Il s’agit d’un métier qui demande un grand talent artistique, mais surtout, un profond désir d’aider les autres.

Une pratique inusitée

Louise Desmeules pratique à l’Hôtel-Dieu de Québec. Chaque année, une quarantaine de personnes vient la consulter pour la fabrication de prothèses faciales. Il s’agit généralement de gens qui ont perdu une oreille, le nez ou un œil, souvent en raison de cancers qui ont altéré ces régions du visage.

La construction d’une épithèse oculaire est particulièrement délicate, souligne-t-elle. «C’est vraiment le défi ultime de faire des yeux, explique-t-elle. Parce que dans un œil, il y a énormément d’expressions, c’est le reflet de l’âme. Alors c’est super important de pouvoir aller chercher cette magie-là.»

Les étapes de la fabrication

Aujourd’hui, Louise Desmeules reçoit Mike Gagnon, un jeune homme qui est venu au monde sans oreille droite. Au grand bonheur de ce dernier, elle lui remet l’épithèse spécialement conçue pour lui.

La réalisation d’une épithèse se fait en plusieurs étapes, explique-t-elle. Il faut tout d'abord effectuer un cirage diagnostique, c’est-à-dire qu’elle structure une pièce en cire pour remplacer la partie du corps à refaire. Par la suite, quand le cirage est parfaitement adapté au visage du patient, Louise Desmeules fabrique un moule en plâtre. La cire est remplacée par de la silicone qui est déposé à l’intérieur du moule. Lorsque cette étape est terminée, le moule est refermé, placé sous une presse puis placé au four pour trois heures. L’épithèse est ensuite prête à être installée.

Une vocation pour les arts

«C’est sûr que le métier d’épithésiste demande avant tout une grande capacité artistique», souligne Louise Desmeules. Enfant, elle rêvait d’étudier en arts, mais des considérations familiales l’ont plutôt amenée à se diriger vers des études d’infirmière. Après 3 ans de pratique à l’Hôtel-Dieu de Québec, elle postule un poste d’assistante dentaire pour travailler avec un dentiste au département d’oncologie.

De temps à autre, elle rencontre des patients qui ont besoin d’avoir une prothèse du visage. À l’époque, c’était le Dr Bernier qui réalisait ces prothèses. Pendant des années, Louise Desmeules lui répète régulièrement qu’elle souhaite elle aussi construire des prothèses faciales. Dix années plus tard, son souhait est exaucé et elle débute dans le métier d’épithésiste.

Des épithèses mammaires

En 2006, Louise Desmeules traverse un cancer du sein et doit subir une ablation mammaire. Plusieurs années avant cette opération, elle avait eu l’idée de mouler son sein en plâtre, en retrouvant un jour le moulage, qui s’adaptait parfaitement à l’endroit de la mastectomie, elle a eu l’idée de réaliser des prothèses de remplacement identiques au sein disparu pour les femmes qui subissent une mastectomie. À l’heure actuelle, il s’agit d’un projet qui est encore au stade du développement, mais Louise Desmeules souhaite offrir des épithèses mammaires au public d’ici un an.