Une pilule une petite granule

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60 minutes

Du 2 avril au 7 septembre 2015

Les hauts et les bas de Percy Turcotte

Percy chez le psy : maigrir dans sa tête et dans son corps

Émission du 17 février 2011

Percy Turcotte réfléchit depuis longtemps à son problème de poids. Il nous a confié que ses nombreuses questions demeuraient bien souvent sans réponse. À sa demande, nous avons organisé une rencontre avec une psychologue spécialisée en troubles de l’alimentation.

Le déclic de la perte de poids

L’une des questions qui brûlent les lèvres de Percy, c’est celle du fameux «déclic». Comment se fait-il que bien des gens se fixent une échéance pour commencer un régime et que le moment venu, ils ne réussissent pas à s’y soumettre? Faut-il toujours attendre d’atteindre le fond du baril pour que ce fameux «déclic» se manifeste?

Psychologue et professeure à l’École de psychologie de l’Université Laval, Catherine Bégin croit que ce déclic n’est pas uniforme chez tout le monde. «Il y a des gens qui ont un amour-propre et une estime de soi assez élevés pour dire “C’est assez!”, par exemple quand on pense à un phénomène d’autodestruction par la nourriture. Par contre, d’autres ne le trouvent jamais ce déclic-là et vont continuer à manger, malgré le fait qu’ils se sentent coupables, qu’ils sont honteux et qu’ils ont beaucoup de limitations physiques, en termes de qualité de vie.»

Pour ceux qui expérimentent ce déclic, cela ne veut pas pour autant dire que la tentation du plaisir associé à la nourriture est évacuée à tout jamais, loin de là. «Cela ne veut pas dire qu’une frite ne générera plus de plaisir, qu’un chocolat ne générera plus de plaisir, mais peut-être qu’il va y avoir une décision plus consciente des effets à long terme.»

La voie de la thérapie

Une autre question tenaille Percy depuis longtemps : «Faut-il absolument faire une thérapie avant de s’attaquer à la perte de poids et à un régime?»

«Pas nécessairement, répond Catherine Bégin. Mais quand on a fait plusieurs tentatives qui ont été infructueuses, qu’on a l’impression d’être un peu comme un arbre qui a des marques qu’on laisse sur l’écorce à chaque fois, je pense que ça devient important de faire du sens et de comprendre.»

Pour sa part, Percy a choisi l’écriture comme mode d’expression. En échangeant à ce sujet avec Catherine Bégin, il comprend maintenant mieux certaines résistances qu’il a rencontrées lors de ses nombreux épisodes de rédaction.

Une forme de dépendance

Qu’est-ce qu’un obèse? À cette question de Percy, Catherine Bégin répond que de son point de vue de psychologue, l’obésité est un symptôme de quelque chose qui se cache derrière et sur lequel il faut porter une attention clinique.

Est-ce une maladie? À ce sujet, elle hésite à trancher. Par contre, il est clair qu’il s’agit d’une dépendance qui génère de la souffrance, tout comme les dépendances à différentes substances toxiques. Même si, dans ce cas-ci, on parle plutôt d’une dépendance à la nourriture, Catherine Bégin croit qu’on peut faire plusieurs parallèles avec d’autres dépendances, notamment en raison de la difficulté à prendre des décisions. Les gens aux prises avec des dépendances sont davantage préoccupés par le renforcement immédiat que par les conséquences à long terme.

Quelques conseils

Pour aider les gens dans leur quête pour la perte de poids, Catherine Bégin partage avec Percy les conseils suivants :

1– Tolérer les émotions liées à la faim et à l’appel de la nourriture, pour ensuite tenter d’identifier les sources de ces émotions.
2– Apprendre à prendre soin de soi, ce qui veut dire :
– comprendre comment faire de bons choix alimentaires
– développer un rapport plus sain avec la nourriture
– aller chercher de l’aide professionnelle si nécessaire