Une pilule une petite granule

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Du 2 avril au 7 septembre 2015

La question du public

Le point sur la mammographie

Émission du 24 février 2011

«Quels sont les avantages et les inconvénients de la mammographie? Ce test est-il encore utile pour prévenir le cancer du sein?»

Expert invité : Dr Wilber Deck, chercheur, agence d'évaluation des technologies et modes d'intervention en santé

Un test de dépistage remis en cause

De manière générale, la mortalité associée au cancer du sein a baissé de 25 % depuis 20 ans au Canada. Fait étonnant : des articles scientifiques récemment publiés ont révélé que cette mortalité a aussi diminué chez les femmes qui ne participent pas au dépistage. Même si des études ont montré récemment que la baisse de mortalité pouvait aussi être attribuée à de meilleurs traitements, la mammographie a toujours sa raison d’être.

Pour le Dr Wilber Deck, chercheur à l’Agence d’évaluation des technologies et modes d’intervention en santé, la réponse est claire : «La mammographie est encore le test le plus utile pour détecter le cancer du sein», soutient-il. Pour lui, la mammographie est primordiale pour détecter les cancers quand ils sont encore tout petits. L’implication des femmes est tout aussi cruciale : lorsqu’elles rapportent des changements qu’elles constatent au niveau de leurs seins, la mammographie permet de vérifier ce qui se passe et d’intervenir rapidement. Pour le Dr Deck, il s’agit de la meilleure façon de prévenir la mortalité due au cancer du sein, surtout quand on pense que ce type de cancer cause encore beaucoup de mortalité quand il est détecté à un stade avancé.

Un outil tout de même limité

La mammographie n’est pas une science infaillible puisque de nombreux cas de cancer peuvent échapper à cet outil de détection. Pourtant, la mammographie permet tout de même de réduire de 30 % la mortalité due au cancer du sein. «C’est un test qui a ses limites, soutient Wilder Deck, mais on aime mieux réduire la mortalité de 30 % que de ne pas la réduire du tout.»

La mammographie est aussi remise en question par plusieurs en raison des nombreux désagréments qu’elle entraîne pour les femmes, notamment des douleurs, de l’anxiété et des résultats dits «faux positifs». Certains déplorent aussi le recours aux radiations nécessaires pour cet examen, surtout quand il est passé de façon régulière. Malgré ces critiques, le Dr Deck est d’avis que les effets bénéfiques de la mammographie sont supérieurs aux inconvénients qu’ils entraînent, surtout pour certains groupes d’âge où les femmes sont plus à risque.

La mammographie : pour qui? Et quand débuter?

«Toutes les femmes sont à risque assez élevé d’avoir un cancer du sein, soutient le Dr Deck. Au Québec, c’est une femme sur neuf qui va développer un cancer du sein dans sa vie, donc c’est très élevé.» Malgré ce risque généralisé, certaines femmes courent un risque plus élevé en raison de leur histoire familiale. Si la mère ou une sœur a eu un cancer du sein, le risque est beaucoup plus important.

Pour les femmes qui courent un risque moyen ou plus bas que la moyenne, le Dr Deck croit qu’il est probablement prématuré de débuter les tests de dépistage à 40 ans. À cet âge, les inconvénients de la mammographie sont généralement plus élevés que les bénéfices qu’ils procurent. Dans cette optique, le chercheur recommande aux femmes de 40 ans de discuter avec leur médecin pour évaluer leur risque de contracter ce type de cancer et de voir à quel moment il est préférable de commencer les tests de dépistage. Par contre, à partir de 50 ans, toutes les femmes devraient passer une mammographie tous les 2 ans.

À l’heure actuelle, il n’existe pas de programme québécois pour aider les femmes à établir leur niveau de risque personnel de contracter un cancer du sein. Par contre, il existe des sites Web qui permettent de calculer ce risque.

L’auto-examen des seins ou l’examen clinique par un médecin sont aussi des outils utiles. Par contre, ils ne sont pas aussi efficaces que la mammographie pour identifier les tumeurs lorsqu’elles sont toutes petites. «C’est pourquoi on privilégie la technique de la mammographie, conclut le Dr Deck, parce qu’elle est plus performante.»

Sources

National Cancer Institute
http://www.cancer.gov/bcrisktool/

National Breast and Ovarian Cancer Centre
http://www.nbocc.org.au/risk/yourrisk.html